Karim Matmour, ancienne gloire du football algérien, a tiré la sonnette d'alarme sur l'état de la formation en Algérie. Après l'élimination des Fennecs dès le tour préliminaire de la Coupe du monde 2026 face à la Suisse, l'ex-international estime que le mal est bien plus profond qu'il n'y paraît.
Un Mondial 2026 qui révèle les failles structurelles
La sortie prématurée de l'Algérie au 32e de finale de la Coupe du monde 2026, battue par la Suisse, a exposé au grand jour les lacunes d'une sélection en manque de repères. Au-delà des résultats, c'est la passivité et l'absence de réaction des joueurs qui ont frappé les observateurs, à commencer par Matmour lui-même.
Invité de la chaîne Algérie Internationale, l'ancien milieu de terrain n'a pas mâché ses mots :
«Tout le monde dit que nous n'avons pas un bon championnat, mais quand je regarde nos matchs, je ne trouve aucun jeune joueur qui joue titulaire dans les équipes du haut du tableau.»
La Ligue 1 algérienne, un désert pour les jeunes talents
Le diagnostic de Matmour est sans appel : la Ligue 1 algérienne ne laisse pas suffisamment de place aux jeunes joueurs pour éclore. À ses yeux, ce blocage constitue un handicap structurel majeur dans la course à la compétitivité internationale.
«Nous accusons un retard considérable dans ce domaine. Il est inadmissible de ne pas être capables de trouver des joueurs de 17 ans aptes à évoluer en championnat algérien. Il y a un dysfonctionnement réel.»
L'ancien Fennec a également pointé le fossé qui sépare l'Algérie de ses concurrents directs : dans d'autres nations, des joueurs de 18 ans cumulent déjà une trentaine de matchs professionnels dans les jambes, quand les espoirs algériens peinent à s'imposer dans leur propre championnat.
Un appel urgent à une politique de formation ambitieuse
Pour Matmour, la solution passe par une refonte profonde de l'approche formative. Permettre aux jeunes de fouler régulièrement les pelouses de Ligue 1 algérienne n'est pas un luxe, mais une condition sine qua non pour que les Fennecs retrouvent leur rang sur la scène continentale et mondiale.
«Il faut mettre en place une politique qui permette aux jeunes joueurs d'atteindre le niveau requis pour participer aux matchs du championnat algérien. Dans le cas contraire, la situation deviendra extrêmement compliquée», a-t-il conclu avec gravité.
Ce cri d'alarme de Karim Matmour intervient à un moment charnière pour le football algérien, contraint de se reconstruire après une désillusion mondiale. La balle est désormais dans le camp de la FAF et des clubs professionnels pour engager les réformes qui s'imposent.