Après l'impasse de la piste Antar Yahia, la Fédération algérienne de football explore de nouvelles options pour désigner son prochain sélectionneur. Le nom de Karim Belhocine, technicien en poste à la JS Kabylie, circule désormais avec insistance dans les couloirs de la FAF. Selon une source bien informée citée par El Khabar, une réunion entre le directeur sportif kabyle Yazid Mansouri et l'entraîneur est prévue ce mardi soir à Alger pour faire le point sur la situation.
La JSK en alerte, Belhoucine dans le viseur de la FAF
L'information a de quoi inquiéter la JS Kabylie. Son directeur sportif, Yazid Mansouri, suit l'évolution du dossier avec une vive appréhension depuis que le nom de Karim Belhocine a commencé à être associé au banc de la sélection nationale. La rencontre programmée ce soir à Alger entre les deux hommes devrait permettre de mesurer la réalité et le sérieux de cet intérêt.
Le contexte est celui d'une crise de gouvernance sportive. Depuis l'élimination décevante du onze national lors des qualifications mondiales, plusieurs sources concordantes annoncent la fin imminente de la collaboration avec Vladimir Petkovic. La résiliation contractuelle du technicien suisse serait en cours de négociation, pendant que le président de la FAF, Walid Sadi, afficherait une préférence marquée pour un entraîneur algérien.
Antar Yahia avait d'abord émergé comme premier candidat, allant jusqu'à tenir des discussions avec la direction fédérale. Mais cette piste s'est rapidement essoufflée : absence de licence d'entraîneur homologuée, contrat de Petkovic non formellement résilié, et selon certaines sources, la conviction de l'ancien défenseur que son nom avait été instrumentalisé pour détourner l'attention de l'échec mondial. C'est dans ce vide que s'inscrit désormais Karim Belhocine.
Un profil qui coche toutes les cases de la FAF
Né en 1978, Belhoucine réunit plusieurs critères que la fédération semble rechercher. Algérien de nationalité — condition première évoquée par Walid Sadi —, il a construit une longue carrière de joueur professionnel en Belgique, sous les couleurs de Courtrai, Charleroi, du Standard de Liège et de Beveren. Le regretté Rachid Belkhout avait joué un rôle déterminant dans son accompagnement durant ces années.
Après avoir raccroché les crampons en 2015, il s'est reconverti dans l'encadrement avec méthode et progressivité. Assistant puis entraîneur principal à Courtrai, Charleroi et Anderlecht, il a ensuite rejoint le staff de Watford en Angleterre avant que des raisons familiales ne le poussent à rentrer en Algérie pour prendre les rênes de la JS Kabylie. Surtout, Belhoucine est titulaire de la licence UEFA Pro, le sésame indispensable pour diriger une sélection nationale — ce que ne possédait pas Antar Yahia.
Un réseau inestimable avec la diaspora algérienne
L'atout différenciant de Karim Belhocine tient peut-être moins à son palmarès d'entraîneur qu'à son réseau au cœur de la communauté footballistique algérienne d'Europe. Depuis ses années belges, il a directement contribué à l'émergence de plusieurs internationaux algériens : Youcef Atal, Adam Zorgane, Abdelkader Kadri, Tiraou et Nadir Benbouali ont tous bénéficié de ses recommandations ou de son encadrement en Belgique. Il a également supervisé la progression de Sofiane Hanni.
Un autre détail révèle l'étendue de son influence : c'est Belhoucine qui a ouvert les portes d'Anderlecht à Mohamed Wahbi, l'actuel sélectionneur du Maroc, lui permettant de passer des équipes de jeunes aux équipes premières, amorçant ainsi une carrière qui l'a mené jusqu'au banc des Lions de l'Atlas.
La réunion de ce soir à Alger constituera un premier test pour évaluer si cet intérêt de la FAF est fondé ou spéculatif. La JS Kabylie, elle, espère que son entraîneur restera au club. Le feuilleton du successeur de Petkovic entre dans une nouvelle phase.