Le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, a révélé avant-hier, lors d'une réunion du bureau fédéral, les détails jusqu'ici inconnus du départ de Vladimir Petkovic. Selon des informations rapportées par El Khabar, la rupture s'est conclue par un accord amiable après des semaines de tractations tendues. Un arrangement financier précis a été trouvé, préservant la FAF d'une rupture unilatérale aux conséquences budgétaires considérables.

Un maintien envisagé avant la rupture définitive

Face aux membres du bureau fédéral, Walid Sadi a tenu à rétablir la chronologie des faits. La piste initiale de la FAF n'était pas celle d'un licenciement, mais d'un remaniement du staff technique : conserver le sélectionneur suisse tout en écartant certains de ses collaborateurs, afin de corriger le tir après une participation au Mondial américain jugée insuffisante par une large partie du public. Le président de la FAF a néanmoins nuancé ce bilan, le qualifiant de positif en dépit des critiques.

Les négociations avec Petkovic se sont toutefois révélées laborieuses. Après plusieurs jours de va-et-vient, le technicien a finalement accepté une séparation à l'amiable, conscient que la fédération cherchait à éviter une rupture unilatérale — laquelle l'aurait exposée à des indemnités colossales correspondant à la valeur intégrale de son contrat courant jusqu'en 2028.

480 000 euros d'indemnités et des primes dues

L'accord conclu avec Vladimir Petkovic porte sur une indemnité de départ équivalant à trois mois de salaire, soit 480 000 euros. Ce montant est calculé sur la base du salaire mensuel de 160 000 euros stipulé dans le nouveau contrat entré en vigueur le 1er août 2026. À cette somme s'ajoute une prime de qualification au deuxième tour de la Coupe du monde, évaluée à 150 000 euros, que la FAF s'est engagée à lui verser.

Le staff technique de Petkovic bénéficiera également d'une compensation. Ses trois adjoints — David Morandi, Paolo Rongoni et l'entraîneur des gardiens Guido Nani — percevront chacun l'équivalent de trois mois de salaire, soit 54 000 euros par personne, sur la base de 18 000 euros mensuels prévus dans leurs nouveaux contrats respectifs.

Harcèlement, réseaux sociaux et feu vert de l'État

Walid Sadi a également évoqué les débordements survenus après l'élimination des Fennecs face à la Suisse en huitièmes de finale. Le président de la FAF a exprimé ses regrets face aux attaques dont Petkovic et des membres de sa famille ont été la cible sur les réseaux sociaux, ainsi qu'aux messages insultants reçus en privé. Ces pressions, a-t-il précisé, ont pesé dans la décision du sélectionneur d'opter pour une séparation à l'amiable plutôt que d'engager un contentieux juridique.

Sadi a enfin insisté sur le caractère collectif de la décision : la rupture du contrat de Petkovic n'a pas été arrêtée unilatéralement, mais avec l'aval des plus hautes autorités de l'État, qui ont accordé leur feu vert une fois établi que la poursuite de la relation contractuelle était devenue impossible. La FAF peut désormais tourner la page et concentrer ses efforts sur la désignation du prochain sélectionneur des Verts.