La réunion du Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football, tenue samedi soir au Centre technique national de Sidi Moussa à Alger, a été tout sauf ordinaire. Walid Sadi y a détaillé ses échanges avec Vladimir Petkovic, qui a opéré un revirement total après avoir initialement envisagé de quitter son poste à la suite de l'élimination des Fennecs du Mondial 2026.
Du désir de partir à la volonté de défier ses détracteurs
Au lendemain de la défaite face à la Suisse, Vladimir Petkovic était abattu et peu enclin à poursuivre sa mission. Le sélectionneur de l'Équipe nationale algérienne avait subi des jets de bouteilles de la part de certains supporters en colère à l'issue de la rencontre, une situation que Sadi a décrite devant les membres du Bureau fédéral comme ayant profondément affecté le technicien helvète.
Mais le retour en Suisse a tout changé. Petkovic a rapidement contacté le président de la FAF pour lui signifier qu'il avait définitivement renoncé à l'idée de démissionner. Irrité par les déclarations et accusations qu'il a qualifiées de « dangereuses » diffusées à son encontre sur les chaînes télévisées et les sites internet après le match contre la Suisse, le sélectionneur a choisi de rester pour relever le défi face à ceux qui réclament son départ.
Des objectifs remplis et dépassés : l'argument de poids de Petkovic
Walid Sadi a reconnu devant ses pairs que Petkovic avait non seulement atteint, mais également dépassé les objectifs fixés dans son contrat. Lors de la CAN 2023 au Maroc, la mission assignée aux Fennecs se limitait aux huitièmes de finale ; ils ont atteint les quarts. Au Mondial 2026, la seule exigence était la qualification pour le tournoi final ; l'Algérie a franchi la phase de groupes pour disputer le deuxième tour.
Fort de ces résultats, Petkovic a signifié clairement à Sadi qu'il n'entendait pas quitter son poste de son propre chef. Si la FAF souhaite mettre fin à son contrat — prolongé jusqu'en juillet 2028 —, elle devra régler l'intégralité de ses émoluments jusqu'au terme de l'accord. Sadi a évoqué l'existence d'une clause autorisant une résiliation moyennant trois mois de compensation seulement, mais plusieurs membres du Bureau fédéral n'ont pas paru convaincus par cette option, estimant qu'elle ne s'applique que dans le cadre d'un accord à l'amiable.
Le plan de pression de Sadi si la voie amiable échoue
Si le rapport technique conclut à la nécessité de changer de sélectionneur et que Petkovic s'y oppose, le président de la FAF a présenté une série de mesures coercitives. Sadi envisage d'abord d'obliger le technicien suisse à travailler et à résider en Algérie, puis de limoger ses assistants, dont il a ouvertement mis en cause le rendement lors de la compétition.
Par ailleurs, qu'il reste ou parte, Sadi a annoncé son intention de nommer un adjoint algérien issu des anciens internationaux à double nationalité. Le nom d'Antar Yahia est avancé comme principal candidat à ce poste. La raison invoquée : plusieurs joueurs aux nationalités multiples auraient été difficiles à encadrer pendant le Mondial 2026, et la présence d'un ancien ayant vécu une trajectoire similaire faciliterait la communication et renforcerait la discipline au sein du groupe.