Relégué en Ligue Professionnelle 2, le Paradou Athletic Club réalise pourtant le mercato estival le plus rentable de son histoire. En cédant ses meilleurs éléments aux clubs de l'élite nationale, le "BAK" a engrangé des recettes dépassant les 100 milliards de centimes, un chiffre sans précédent dans le football algérien.

Ramdawi, la transaction qui entre dans l'histoire

L'attaquant Mohamed Amine Ramdawi, 20 ans, est la pièce maîtresse de ce mercato historique. Le jeune buteur a rejoint l'USM Alger pour la somme de 15,5 milliards de centimes, établissant ainsi le record absolu du transfert le plus onéreux entre clubs locaux en Algérie. Il efface du même coup le précédent record détenu par Achraf Abada, passé la saison dernière de l'ASM Chlef à l'USMA pour 10 milliards de centimes. Selon nos sources, le président Hassane Zitchi avait initialement fixé sa valorisation à 17 milliards de centimes.

La vente de Ramdawi n'est toutefois que la transaction la plus visible d'une série de cessions menées tambour battant par la direction du PAC. Le duo Kahili Ben Ahmed et Islam Abdelkader a rejoint la Mouloudia d'Alger pour un total de 21 milliards de centimes. Djibril Souko et Abdallah Ben Douma ont signé à la JSK pour 11 milliards de centimes. Salah Eddine Bouziani est, lui, retourné à l'USMA pour 8 milliards de centimes, tandis que le défenseur Fouad Karmish a rejoint le Shabab Belouizdad pour 3,5 milliards de centimes. Le cumul des recettes issues des seuls transferts locaux s'établit ainsi à 59 milliards de centimes.

Les clauses de revente, l'autre levier financier du PAC

La stratégie du Paradou Athletic Club ne se limite pas aux transactions directes. Le club a systématiquement intégré des clauses de revente atteignant parfois 40 % de la valeur de tout futur transfert de ses anciens joueurs. Une politique qui porte ses fruits : le PAC vient de percevoir près de 3 millions d'euros — soit environ 45 milliards de centimes au taux officiel — grâce au passage de son ancien joueur Yacine Titroui de Charleroi vers le RC Lens en Ligue 1 française. C'est la combinaison de ces deux sources de revenus qui propulse le total au-delà du cap symbolique des 100 milliards de centimes.

Une stratégie dictée par la menace de l'amateurisme

Cette politique de vente massive s'explique en grande partie par les incertitudes liées à la relégation. Une absence prolongée en deuxième division contraindrait Paradou à perdre son statut professionnel, ce qui entraînerait la libération gratuite de l'ensemble de ses joueurs lors d'une conversion forcée en club amateur. Face à ce scénario, la direction a choisi de valoriser son capital humain sans attendre, tout en préservant des droits de revente pour continuer à engranger des liquidités à moyen terme.

Le club reste néanmoins ouvert à d'autres opérations avant la clôture du mercato. Le jeune gardien Mohamed El Kabi serait notamment dans le viseur de formations étrangères. La saison passée, le PAC avait déjà réalisé des affaires significatives en transférant Adel Boulbina au Qatar, du côté d'Al-Duhail, pour environ 3,5 millions d'euros, et en cédant Jaber Kaassas au Shabab Belouizdad pour 5 milliards de centimes.