Après des semaines de silence, Naoufel Khacef a choisi El Khabar comme tribune pour répondre aux déclarations du directeur sportif de Chabab Belouizdad, Jaber Naâmoun. L'ancien milieu de terrain, désormais engagé avec l'Ahly Benghazi, livre sa version des faits sur un départ qui a enflammé les réseaux sociaux, documents à l'appui.

Des négociations d'une semaine pilotées par Naâmoun lui-même

Khacef commence par rappeler le cadre contractuel : son bail signé avec l'ancien président Bahloul courait jusqu'en 2030 et comportait une clause libératoire fixée à 12 milliards de centimes, activable sans accord préalable du club en cas d'offre étrangère. « Par respect pour le Belouizdad, qui m'a relancé et m'a permis de retrouver la sélection nationale, j'ai tenu à partir par la grande porte », insiste-t-il.

À la réception d'une proposition sérieuse de l'Ahly Benghazi, le joueur a donc sollicité l'aval de la direction. S'ensuivent sept jours de pourparlers entre les deux clubs, supervisés personnellement par Naâmoun côté Belouizdad — un détail que le directeur sportif a, selon Khacef, soigneusement passé sous silence dans ses sorties médiatiques.

Expulsé du terrain avant d'avoir signé le moindre document

La situation bascule lorsque Naâmoun le renvoie de l'entraînement en pleine séance, devant l'ensemble du groupe, alors qu'aucun contrat avec Benghazi n'avait encore été paraphé. « Il a feint la stupéfaction alors qu'il connaissait chaque détail des négociations », dénonce Khacef. Le joueur révèle par ailleurs que le directeur sportif lui avait, lors d'échanges antérieurs, lâché sans ambages : « Ne me force pas à te le dire — si tu veux partir, pars », une formule qu'il interprète comme un feu vert implicite.

Khacef pointe également une tentative de manipulation lors des négociations estivales sur sa revalorisation salariale : Naâmoun lui aurait soumis un avenant courant lui aussi jusqu'en 2030, mais dont la clause libératoire avait discrètement disparu. « J'ai refusé catégoriquement. C'était une manœuvre délibérée », affirme-t-il.

Des comptes soldés, une résiliation actée le 6 octobre

Sur le plan financier, Khacef dément catégoriquement avoir perçu une avance sur salaire courant jusqu'en janvier 2027. Les sommes évoquées par Naâmoun correspondent, selon lui, à 40 % de ses arriérés de la saison passée et à une prime de signature de 20 % encaissée le 26 septembre 2026. Il précise avoir restitué au club la prime de fidélité d'un milliard de centimes, ainsi qu'une dette héritée de l'ancienne administration s'élevant à deux milliards de centimes.

La résiliation du contrat a été formalisée le 6 octobre 2026, dernier jour du mercato libyen, à 19h00. Elle porte la signature du président du conseil d'administration du Belouizdad et a été établie en présence du joueur et de son agent. « Tout s'est conclu d'un commun accord, comme en témoigne la convention de résiliation elle-même », conclut Naoufel Khacef, qui assure n'avoir pris la parole que pour « que les supporters du Belouizdad connaissent enfin la vérité, faits et preuves à l'appui ».