Absent pour la deuxième fois de suite de la liste algérienne, Houssem Aouar ne sera pas du voyage pour les deux confrontations face au Togo en novembre. Derrière cette mise à l'écart répétée, une décision stratégique de Brahim Hemdani : ériger Ibrahim Maza en patron technique incontesté des Fennecs, sans interférence possible.
Une place de titulaire disputée, un arbitrage tranché
Le dossier Aouar n'est pas un oubli. C'est un choix délibéré, fondé sur des critères purement sportifs. Dans l'entrejeu algérien, le milieu de l'Al-Ittihad se retrouve devancé par un trio qui occupe le même registre — celui du numéro 8 — avec une plus-value jugée supérieure : Ibrahim Maza, Himad Abdelli et Farès Chaibi. Depuis sa naturalisation en juin 2023, l'ancien Romain a disputé 24 sélections sous les ordres de Belmadi puis Petkovic, pour seulement 6 buts et 3 passes décisives. Un bilan trop maigre au regard des attentes placées en lui à son arrivée sous le maillot vert.
Hemdani prend acte. Il est convaincu que les éléments présents dans sa liste actuelle répondent mieux aux exigences de son système, et que l'intégration d'Aouar dans un rôle de remplaçant risquerait de générer des frictions inutiles — un scénario que le sélectionneur veut éviter à tout prix au moment de construire une nouvelle dynamique collective.
Maza, l'héritier de Mahrez dans le rôle du leader
Depuis la retraite internationale de Riyad Mahrez, un vide s'est créé dans le leadership offensif de l'Algérie. Hemdani a désigné son successeur : Ibrahim Maza, 20 ans, formé à l'Olympique Lyonnais et désormais incontournable dans le projet du sélectionneur. L'objectif est clair — lui donner une autorité technique pleine et entière, sans partage ni ambiguïté hiérarchique. Le talent du milieu de terrain est perçu comme celui d'un joueur à dimension mondiale, qui a besoin de confiance absolue pour tenir ce rôle de locomotive.
C'est précisément cette logique qui conditionne les choix de liste : construire un collectif soudé autour d'une identité nouvelle, avec des hommes capables d'accepter leur statut sans discussion.
Une exclusion temporaire, pas un arrêt définitif
La mise à l'écart d'Houssem Aouar, 28 ans, ne scelle pas pour autant son avenir international. Elle reste liée à son niveau de performance et aux aléas inhérents aux sélections : une blessure, un coup de forme, et la donne peut changer. La porte n'est pas fermée à clé.
En attendant, l'Algérie a du travail. Les Fennecs affrontent le Togo à deux reprises dans le cadre des éliminatoires de la CAN : le 14 novembre au stade Hocine Aït-Ahmed de Tizi Ouzou, puis le 17 novembre à Lomé. Avec 4 points après deux journées — une victoire 3-1 contre la Zambie et un nul 2-2 concédé à Bujumbura face au Burundi — les hommes de Hemdani visent une qualification anticipée au tournoi continental. Le Togo, lui, cumule une victoire (1-0 contre le Burundi) et une défaite (0-2 contre la Zambie).
À Hemdani maintenant de confirmer que son pari Maza est le bon. Et à Aouar de retrouver son meilleur niveau s'il entend un jour rejouer pour les Fennecs.