Les sources du quotidien El Khabar ont révélé l'enchaînement complet des événements qui ont conduit à l'éviction de Rayan Aït Nouri du rassemblement des Verts. De la réunion technique de Tizi Ouzou à son départ silencieux du Centre de Sidi Moussa, le dossier s'est noué en l'espace de quelques heures, impliquant le staff technique, la direction et le président de la FAF.
Un malaise né avant le coup d'envoi
Tout a commencé lors de la réunion technique organisée le matin de la rencontre face à la Zambie, dans un hôtel de Tizi Ouzou. C'est à ce moment qu'Aït Nouri a appris qu'il ne figurait pas dans le onze de départ, Jaouen Hadjam lui étant préféré dans le couloir gauche. Incapable de digérer ce choix, le latéral de Manchester City s'est replié sur lui-même, refusant tout échange avec son entourage. Cet isolement a perduré jusqu'à l'arrivée au stade Hocine Aït Ahmed. À noter que le joueur traversait déjà une période difficile en club sous les ordres de l'entraîneur Maresca, une tension latente qui a pu alimenter son état d'esprit.
La minute 71 : le point de non-retour
En début de seconde période, le sélectionneur Brahim Hemdani avait demandé à quatre joueurs de s'échauffer, parmi lesquels Rayan Aït Nouri. Son adjoint Antar Yahia lui a également signifié de se préparer à entrer en jeu. Mais à la 71e minute, cinq minutes après le but de Mohamed Amine Maza qui donnait l'avantage aux Verts, Hemdani a finalement opté pour Adel Boulbina dans le couloir gauche, répondant aux chants de la tribune. Ce revirement a embrasé le banc. Ces mêmes chants ont d'ailleurs brisé Mohamed Amoura, en larmes après le coup de sifflet, meurtri par sa disette offensive prolongée.
Pour Aït Nouri, ne pas être rentré après avoir déjà entamé l'échauffement était inacceptable. Il a regagné le banc dans un état d'agitation manifeste, filmé à son insu par un supporter depuis les tribunes — une vidéo qui est devenue la pièce à conviction principale. Le manager de la sélection, Moussa Saib, a tenté de l'apaiser. Réponse du joueur : « Ne me parle pas. » Quand Antar Yahia s'est approché à son tour, Aït Nouri lui a lancé : « Toi... dégage. » L'adjoint a aussitôt demandé à Saib de se retirer pour éviter toute escalade.
Une décision unanime, validée par Walid Sadi
Dès la fin de la rencontre, une concertation rapide s'est tenue entre Hemdani, Yahia et Saib — le sélectionneur se gardant d'évoquer l'incident en conférence de presse, se contentant d'affirmer que le staff prendrait les mesures nécessaires en cas de comportements inadaptés. Les trois hommes ont convenu d'une réunion d'urgence au retour au Centre technique national de Sidi Moussa.
Le verdict est tombé à l'unanimité : Rayan Aït Nouri devait être libéré du rassemblement. Maintenir le joueur aurait placé le staff dans une position intenable vis-à-vis de l'opinion publique et du reste du groupe. Le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, a rejoint la réunion et, informé de la décision commune, a donné son feu vert sans réserve. C'est Moussa Saib qui s'est chargé d'en informer le joueur dans sa chambre, précisant que la démarche bénéficiait de l'aval du président de la FAF.
Aït Nouri n'a pas contesté la décision et a quitté Sidi Moussa en silence, avant de prendre la route vers la France puis l'Angleterre. Selon El Khabar, il ne s'agit pas d'une exclusion définitive du groupe national, mais d'un renvoi limité à ce rassemblement — ce que confirme la formulation retenue dans le communiqué officiel de la FAF : « libération du stage ». La porte reste donc entrouverte, à condition que le joueur tire les leçons de cet épisode.