Au soir de la qualification des Bleus contre la Suède (3-0) en huitièmes de finale du Mondial 2026, une séquence vidéo a mis le feu aux poudres. Rayan Cherki, monté au jeu dans les toutes dernières minutes de la rencontre, semble ignorer Didier Deschamps au moment des célébrations collectives. Partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux, l'image alimente le débat en France et trouve un écho singulier en Algérie.

Une séquence de quelques secondes, mille interprétations

Au coup de sifflet final, les joueurs de l'équipe de France se sont dirigés vers le banc de touche pour saluer Didier Deschamps, dont le retour sur le banc était très attendu après son absence contre la Norvège, consécutive au décès de sa mère. Parmi les scènes de liesse, une image retient l'attention : Rayan Cherki longe le banc sans s'arrêter, sans geste ni accolade en direction de son sélectionneur.

La polémique s'emballe aussitôt. Sur les réseaux sociaux, ceux qui y voient une brouille délibérée s'affrontent avec ceux qui n'y décèlent qu'un simple moment d'inattention dans l'euphorie de la qualification. La scène ne dure que quelques secondes et aucun des deux protagonistes n'y exprime une réaction visible. Ni Cherki ni Deschamps n'ont formulé la moindre déclaration officielle, et la Fédération française de football (FFF) n'a confirmé aucun différend entre les deux hommes.

Les médias français partagés face à la polémique

L'Équipe s'est emparée de la séquence pour interroger la nature des rapports entre le joueur de Manchester City et son sélectionneur. Foot Mercato a profité de l'incident pour rouvrir le dossier du faible temps de jeu accordé à Rayan Cherki, réclamé à corps et à cri par les observateurs au regard de ses performances en club. À l'inverse, RMC Sport a relativisé la portée de l'image, rappelant qu'une fraction de seconde filmée dans le brouhaha des célébrations ne saurait prouver une crise interne.

D'autres sources proches du staff tricolore soulignent que l'ambiance dans le camp français demeure studieuse et soudée, les joueurs ayant célébré la qualification collectivement autour de Deschamps. La thèse du malentendu médiatique semble ainsi la plus étayée.

En Algérie, des spéculations sans fondement documenté

Fils d'une mère algérienne et d'un père français d'origine italienne, Rayan Cherki possède réglementairement le droit de représenter l'Algérie. Cette réalité juridique suffit à alimenter, dans une partie de la sphère médiatique algérienne, des spéculations sur un éventuel retournement de situation. Certains commentateurs ont établi des parallèles avec les cas de Karim Benzema, Samir Nasri ou Nabil Fekir, trois joueurs qui avaient un temps hésité entre les deux sélections.

Ces interprétations méritent cependant d'être sérieusement tempérées. Rayan Cherki n'a jamais exprimé publiquement l'intention de défendre les couleurs des Fennecs. Aucun processus officiel impliquant la Fédération algérienne de football (FAF) n'a été engagé. Les informations parues il y a plusieurs mois faisant état de contacts entre la FAF et le joueur — ainsi qu'avec Michael Olise — ont depuis été formellement démenties. Lier cette séquence à une remise en question de l'engagement international de Cherki relève de la pure spéculation, sans aucun fondement documenté.