Andy Delort, l’attaquant international algérien, a livré un témoignage sans filtre sur son expérience au MC Alger, où il a évolué six mois durant la saison 2024-2025. Dans un entretien accordé au média Kampo, Delort décrit cette période comme une immersion totale dans un football algérien extrême, marqué par des ambiances populaires uniques et une pression constante, à la fois sur et en dehors du terrain.
« J’ai fait six mois dans le championnat algérien. Il y a des personnages, il y a des ambiances incroyables. Tu joues dans de très beaux stades, mais aussi dans des endroits où c’est beaucoup moins drôle. C’est une ambiance de fou, mais il faut gagner. En Algérie, c’est tout noir ou tout blanc », confie Delort. Ces propos mettent en lumière le contraste saisissant entre les infrastructures modernes et les contextes parfois chaotiques rencontrés par les joueurs dans certaines villes ou quartiers.
L’attaquant garde un souvenir particulier du derby algérois face à l’USM Alger au stade du 5 Juillet 1962. « C’est un stade mythique. Le bruit, le monde, la ferveur… c’est impressionnant. Mais c’est aussi très tendu. Franchement, c’était très compliqué à vivre. C’est bouillant. Je n’ai jamais eu vraiment peur dans ma carrière, mais là-bas, tu le ressens même en dehors du stade », explique-t-il. Selon Delort, cette tension dépasse largement celle observée dans les championnats européens les plus exigeants, et chaque erreur sur le terrain peut avoir un impact direct dans la vie quotidienne.
Une anecdote illustre parfaitement ce phénomène. Après avoir manqué un penalty contre le CR Belouizdad, Delort raconte que le lendemain, il ne pouvait même pas faire les courses sans être reconnu et interpellé par les habitants. « Je vais dans une petite épicerie pour acheter des clémentines. Le vendeur commence à m’expliquer comment tirer un penalty : ‘La prochaine fois, mets-la là.’ Mon collègue qui m’accompagnait commence à se chauffer, et le vendeur lui répond : ‘Mais toi, fais les clémentines, sur le terrain tu ne sais pas tirer les penalties !’ » Cette scène, devenue virale, illustre à quel point le football est un sujet de vie quotidienne pour les supporters algériens.
Delort souligne également la passion dévorante des fans : « Tout le monde commente le foot, tout le monde te parle, tout le monde te prend en photo. Ce sont de vrais passionnés, ils vivent le football à fond. » Il n’hésite pas à comparer cette ferveur à celle des supporters argentins ou turcs, notant même que des objets comme des parfums ont été lancés depuis les tribunes pendant les matches.
Pour Andy Delort, son passage au MC Alger reste une expérience unique, mêlant pression permanente, amour du jeu et scènes du quotidien parfois surréalistes. Il garde de cette période le souvenir d’un football vivant et passionné, où chaque geste sur le terrain est suivi avec intensité par des supporters profondément impliqués.
































