JSK : à la JS Kabylie, l’histoire d’un attaquant peut basculer en quelques semaines. Celle d’Aymen Mahious en est l’illustration parfaite. Arrivé l’été dernier dans un climat d’euphorie rarement observé en Kabylie, l’avant-centre s’est rapidement retrouvé confronté à une réalité brutale : celle d’un club où l’exigence populaire est permanente et où le moindre raté se transforme en procès public. Critiqué et sifflé après ses occasions manquées face à Al Ahly, Mahious a pourtant trouvé un soutien précieux là où il compte le plus : dans le vestiaire. Selon plusieurs échos, ses coéquipiers ont tenu à lui remonter le moral, lui rappelant qu’un passage à vide peut toucher n’importe quel buteur et qu’il finira forcément par retrouver sa confiance.
Ce réconfort n’est pas anodin. Car malgré son expérience, Mahious serait profondément affecté par les attaques répétées dont il fait l’objet ces dernières semaines. Son arrivée avait pourtant suscité une ferveur impressionnante, au point de provoquer des scènes de liesse dans plusieurs fiefs de supporters, persuadés que la JSK venait de frapper un grand coup. Il faut dire que son statut de deuxième meilleur buteur du championnat avant son départ vers l’Algérie, derrière Adil Boulbina parti au Qatar, avait nourri des attentes immenses. Dans l’histoire récente du club, peu de recrues ont été accueillies avec autant d’enthousiasme. Et au départ, malgré des prestations jugées irrégulières, une grande partie du public avait choisi de lui accorder du temps, convaincue que son instinct de buteur finirait par faire la différence.
Le problème, c’est que la dynamique s’est inversée au mauvais moment. Après une période plus convaincante marquée par cinq buts en championnat et un en Coupe d’Algérie, Mahious est retombé dans une longue période de disette. Il a dû attendre la dernière rencontre de la phase aller pour retrouver le chemin des filets face au CR Belouizdad, son ancien club, un but précieux qui avait relancé les Canaris dans la course aux places africaines. Mais en Ligue des champions, son bilan est devenu difficile à défendre : zéro but en neuf matchs, dont quatre lors des tours préliminaires et cinq en phase de groupes. Une statistique lourde, qui a alimenté une vague de critiques de plus en plus virulentes, notamment après ses occasions manquées lors des confrontations face à l’AS FAR et Al Ahly.
Cette pression a parfois franchi les limites. Le joueur aurait même été aperçu en larmes lors d’un match de championnat, incapable de supporter certaines insultes visant sa mère décédée l’année précédente. Un épisode qui révèle l’impact psychologique que peut avoir la violence des tribunes. Malgré tout, en interne, le discours reste clair : Mahious est encore considéré comme une pièce importante du dispositif de Josef Zinnbauer, qui continue de le protéger et de le motiver. Éliminée de la Coupe d’Algérie et de la Ligue des champions, la JSK n’a désormais plus que le championnat pour sauver sa saison. Et Mahious, lui, n’a plus le choix : il doit redevenir le buteur attendu, celui qui était venu pour faire basculer les matchs… et ramener le club vers les titres.
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