L’été 2026 s’annonce compliqué pour Espérance Sportive de Tunis (EST), qui pourrait subir une perte financière importante à cause de l’absence de deux de ses joueurs clés de la liste de l’EN pour le Mondial : Youcef Belaïli et Mohamed Amine Tougai. Selon des sources concordantes, cette double absence aura un impact direct sur les finances du club tunisien.
Le tournoi mondial, qui se déroulera pour la première fois avec 48 équipes réparties entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, débutera le 11 juin et se terminera le 19 juillet 2026. L’Algérie figure dans le groupe G aux côtés de l’Argentine, de l’Autriche et de la Jordanie. Les « Verts », sous la houlette de l’entraîneur Vladimir Petković, cherchent à marquer les esprits après une absence de douze ans des phases finales.
L’impact financier pour l’Espérance Sportive de Tunis est double. D’une part, le club ne pourra pas bénéficier des compensations prévues par la FIFA pour la participation de ses joueurs au Mondial. Depuis quelques années, la FIFA a mis en place un mécanisme de redistribution financière destiné aux clubs qui libèrent leurs joueurs pour la compétition. Les indemnités sont calculées sur la base de la durée du séjour du joueur avec sa sélection, depuis le début du stage préparatoire jusqu’à la fin de la participation de l’équipe nationale. Le montant quotidien s’élève à 10 000 dollars par joueur.
Ainsi, la double absence de Youcef Belaïli et de Tougai se traduit par une perte estimée à 20 000 dollars par jour pour le club. Si l’on considère la durée totale de l’engagement, de la fin mai jusqu’au 28 juin – date de la dernière rencontre de l’Algérie lors de la phase de groupes – les pertes pourraient dépasser les 500 000 euros. Pour un club qui se projette déjà sur les revenus des compétitions et des sponsors, cette somme constitue un manque à gagner significatif.
Sportivement, l’absence de ces joueurs influe également sur la préparation du club. Belaïli, ailier gauche, et Tougai, défenseur central, sont des éléments réguliers du onze titulaire et leur indisponibilité contraint l’Espérance à réorganiser son effectif, notamment dans la rotation des cadres et la composition des matchs amicaux avant la reprise du championnat.
Le scénario est d’autant plus compliqué pour Youcef Belaïli, qui ne pourra pas participer au Mondial en raison d’une grave blessure au genou, nécessitant une opération du ligament croisé antérieur. Quant à Tougai, il ne figure pas dans les plans du sélectionneur Petković pour des raisons purement sportives, en raison d’un rendement jugé insuffisant lors des compétitions récentes et d’une blessure antérieure qui l’avait tenu éloigné des terrains.
Pour la FIFA, ce système d’indemnisation reste essentiel afin de compenser les clubs pour la mise à disposition de leurs joueurs et éviter un déséquilibre financier entre les équipes qui perdent temporairement leurs éléments clés et celles qui ne participent pas à la Coupe du Monde. Néanmoins, pour l’Espérance Sportive de Tunis, l’absence de Belaïli et Tougai illustre parfaitement les limites de cette compensation, car les joueurs ne seront pas mobilisés et le club ne percevra donc aucun paiement pour ces journées.
Ainsi, la Coupe du Monde 2026 s’annonce comme un double défi pour le club tunisien : un manque à gagner financier qui pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, et une réorganisation sportive forcée pour pallier l’absence de deux joueurs habitués à jouer un rôle central dans l’équipe. Entre obligations contractuelles et préparation sportive, l’Espérance se retrouve face à un dilemme classique pour les clubs africains : concilier l’intérêt du joueur en sélection et la stabilité du club.



























