L’intérêt de ce duel potentiel tient aussi au profil de l’adversaire. L’Uruguay version Marcelo Bielsa n’a rien d’un sparring-partner ordinaire. Fidèle à sa philosophie, le technicien argentin impose un football intense, vertical, fondé sur un pressing constant et des transitions rapides. Un style qui sollicite autant la lucidité tactique que la capacité physique, et qui oblige l’adversaire à jouer juste, vite et collectif. Pour l’Algérie, se frotter à une telle identité constituerait un laboratoire grandeur nature : gestion des temps faibles, solidité défensive en un-contre-un, projection rapide vers l’avant. Dans un contexte de préparation mondiale, ce choix n’a rien d’anecdotique. Il répond à une logique précise, celle de se confronter à des schémas proches de ceux que l’on retrouve chez les grandes sélections sud-américaines, réputées pour leur intensité et leur capacité à imposer le rythme.
En filigrane, cette possible rencontre serait aussi pensée comme un test en vue d’un éventuel affrontement contre l’Argentine lors du Mondial. Les similitudes culturelles et tactiques entre les deux nations sud-américaines, accentuées par l’influence de Bielsa, offrent un terrain d’expérimentation pertinent. Pour le sélectionneur algérien, l’enjeu dépasserait le simple résultat : il s’agirait d’observer les réactions du groupe face à l’adversité, d’évaluer la capacité à maintenir une discipline collective élevée et à résister à un pressing agressif sur la durée. Dans un cycle de préparation où chaque fenêtre internationale compte double, ce type de match amical prend des allures de répétition générale. S’il se confirme, Algérie–Uruguay ne serait pas un simple rendez-vous de mars, mais une étape structurante sur la route d’un Mondial où l’Algérie ambitionne de ne plus jouer les figurants.
































