Alors que la plupart des joueurs mettent un terme à leur carrière à l’approche de la quarantaine, Foued Kadir défie le temps. À 42 ans, l’ancien international algérien, passé par des clubs en France comme l’OM ou Rennes, fait encore sensation sur les pelouses de National 2 avec le Istres FC. Actuellement sixième de sa poule et qualifié pour les 16es de finale de la Coupe de France face à Laval, Kadir reste un atout incontournable pour les Istréens. « Ça faisait neuf ans qu’Istres n’avait pas atteint les 16es. On est aussi très fiers de représenter la région, avec l’OM, le seul club encore en lice ici. C’est une belle opportunité pour nos jeunes de se mesurer à des joueurs de Ligue 2 », souligne le milieu offensif.
L’expérience de Kadir prend tout son relief dans ce contexte de coupe. Les gros noms comme Paris, Lyon, Lens ou Monaco ont assuré lors des premiers tours, mais l’idée de retrouver l’OM, son club de cœur, fait briller les yeux de l’ancien phocéen : « Jouer au Vélodrome avec Istres serait magnifique. C’est un club que je respecte énormément, où j’ai vécu un rêve, même si tout ne s’est pas déroulé comme prévu. »
Le match face à Laval s’annonce compliqué : les Mayennais, 17es de Ligue 2, ont du mal à s’imposer à domicile cette saison et doivent affronter un mois de janvier chargé. Mais pour Kadir et ses coéquipiers, la Coupe de France est aussi l’occasion de créer l’exploit : « On n’est pas là pour faire de la figuration. On respecte Laval, mais on va tout donner pour passer. Les exploits sont possibles et on veut en profiter. » Son vécu, notamment la finale perdue avec Rennes en 2014 contre Guingamp, constitue un atout précieux pour guider ses jeunes partenaires.
À Istres, la moyenne d’âge du groupe ne dépasse pas 23 ans. Kadir, avec quinze ans d’expérience à haut niveau, dont une Coupe du Monde avec l’Algérie, endosse naturellement le rôle de mentor : « Je suis un peu le grand frère du vestiaire. Beaucoup me disent qu’ils me regardaient à la télé ou au stade avec leurs parents… ça ne me rajeunit pas, mais j’essaie de les guider par mon jeu et mon état d’esprit. »
Malgré son âge, Kadir reste exigeant avec lui-même. Entre séances, soins et récupération, il suit un rythme strict pour maintenir ses performances. Sa discipline pourrait lui permettre de jouer jusqu’à 43 ans, devenant ainsi le joueur le plus âgé des quatre premières divisions françaises après le départ de Dante. « Avec l’âge, on sait quand courir, comment se placer, et ça fait toute la différence. »
Récemment de retour après une blessure et une suspension, Kadir a immédiatement montré son impact en inscrivant un but décisif contre Seyssinet (2-0). Son objectif reste clair : aider Istres à se maintenir en N2 tout en préparant le club à retrouver progressivement le monde professionnel. À 42 ans, Foued Kadir prouve qu’expérience, discipline et passion peuvent encore faire la différence sur un terrain de football.

































