Equipe d’Algérie – France : à l’issue d’une période où les débats ont pris le pas sur le jeu, Roberto De Zerbi a choisi de ramener la discussion à l’essentiel : le terrain. Interrogé sur la concurrence offensive entre Amine Gouiri et Pierre-Emerick Aubameyang, l’entraîneur de Olympique de Marseille n’a laissé aucune place à l’interprétation. « Gouiri et Aubameyang ? C’est le terrain qui parle. Il faut être honnête. C’est le terrain qui compte », a-t-il tranché, dans un discours volontairement dépouillé, fidèle à sa vision du football. Une manière claire de rappeler que, dans son projet, ni le statut ni le passé ne garantissent une place, et que seule la performance immédiate pèse dans la balance.
Dans son analyse, De Zerbi a toutefois pris soin de distinguer les profils, sans jamais les opposer frontalement. « Ils ont des caractéristiques différentes », a-t-il expliqué, avant de préciser : « Gouiri peut mieux échanger avec ses coéquipiers, garder le ballon et faire monter l’équipe ». Une description qui résume parfaitement l’apport du joueur algérien, de plus en plus utilisé comme point d’appui dans les phases de construction. Capable de décrocher, de lier les lignes et d’apporter de la fluidité dans les trente derniers mètres, Gouiri s’inscrit naturellement dans le football de position prôné par son entraîneur. À l’inverse, De Zerbi a évoqué Aubameyang avec un pragmatisme assumé : « Aubameyang doit aussi récupérer de l’énergie ». Une phrase courte, mais lourde de sens, qui renvoie à la gestion physique d’un attaquant explosif, dont l’efficacité repose sur la fraîcheur, la projection et la répétition des courses dans la profondeur.
Derrière ces mots, c’est toute la philosophie marseillaise version De Zerbi qui se dessine. L’entraîneur italien refuse les hiérarchies figées et assume une rotation dictée par l’état de forme, le contexte des matches et les exigences tactiques. À Marseille, la concurrence n’est pas un problème mais un levier, à condition qu’elle soit comprise et acceptée. Gouiri et Aubameyang incarnent deux réponses différentes à une même question offensive : l’un par la continuité du jeu et la connexion collective, l’autre par l’instinct, la verticalité et l’expérience des grands rendez-vous. En laissant « le terrain parler », De Zerbi envoie aussi un message au vestiaire : les décisions se construiront dans l’effort quotidien, pas dans le bruit médiatique. Une posture cohérente, presque austère, mais qui traduit une ambition claire : bâtir une équipe où chaque choix est justifié par le jeu, et uniquement par le jeu.
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