Une vive polémique agite actuellement les réseaux sociaux et certains médias au Maroc, à la suite du lancement d’un maillot issu de la collection « OM Africa » de l’équipementier allemand Puma. En cause : une représentation cartographique figurant sur la tunique, jugée non conforme par plusieurs internautes marocains.
La controverse concerne un maillot lié à l’Olympique de Marseille (OM), club français également sponsorisé par Puma. Sur le visuel incriminé, la carte du Maroc ne comprendrait pas le territoire du Sahara occidental tel qu’il est représenté officiellement par les autorités marocaines. Cette représentation sur le maillot de l’OM a été perçue par certains comme une remise en question de ce que Rabat considère comme son intégrité territoriale.
Très rapidement, des appels au boycott de la marque ont émergé sur les réseaux sociaux marocains. Des internautes ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« erreur grave » ou de « faute politique », certains allant jusqu’à réclamer la rupture du contrat entre Puma et la Fédération royale marocaine de football (FRMF), dont l’équipementier allemand est le partenaire officiel pour les différentes sélections nationales, y compris les Lions de l’Atlas.
Au cœur de la polémique figure la question du Sahara occidental, territoire disputé que le Maroc considère comme faisant partie intégrante de son territoire. De son côté, le Front Polisario revendique l’indépendance de la région sous l’appellation de République arabe sahraouie démocratique (RASD). Ce différend territorial, ancien et sensible, dépasse largement le cadre sportif et continue d’alimenter les tensions diplomatiques dans la région.
Certains commentaires ont également invoqué la position de la France sur la question du Sahara occidental, affirmant que le maillot irait à l’encontre d’une prétendue reconnaissance officielle et totale de la souveraineté marocaine par Paris. Or, la position française sur ce dossier reste nuancée et s’inscrit dans un cadre diplomatique complexe, marqué par un soutien au plan d’autonomie proposé par Rabat, sans reconnaissance formelle explicite de souveraineté pleine et entière.
Dans ce contexte, la marque Puma se retrouve au centre d’un débat qui dépasse le sport et le marketing. Plusieurs observateurs estiment toutefois que l’équipementier n’a pas vocation à trancher des questions géopolitiques sensibles à travers ses créations graphiques. Les collections « spéciales » ou « thématiques » lancées par les grandes marques internationales obéissent généralement à des logiques esthétiques et commerciales, sans intention politique déclarée.
Du côté de la FRMF, aucune communication officielle n’a été publiée à ce stade pour commenter la polémique. Il convient de rappeler que les contrats liant les fédérations nationales aux équipementiers relèvent d’accords commerciaux pluriannuels, souvent stratégiques en termes d’image et de financement. Une rupture de partenariat pour un visuel lié à un club étranger paraît peu probable à court terme, selon plusieurs analystes.
Cette affaire illustre une nouvelle fois à quel point la question du Sahara occidental demeure un sujet hautement sensible dans l’opinion publique marocaine. Les débats autour de la cartographie, qu’il s’agisse de manuels scolaires, de supports médiatiques ou de produits commerciaux, suscitent régulièrement des réactions vives.
Reste à savoir si cette polémique aura des répercussions concrètes sur les relations entre Puma et les instances sportives marocaines. À ce stade, rien n’indique une escalade officielle. Comme souvent dans ce type de controverse née sur les réseaux sociaux, l’émotion et la viralité jouent un rôle déterminant dans l’amplification du débat.
Quoi qu’il en soit, cet épisode rappelle que le sport, loin d’être isolé des réalités politiques, peut parfois devenir un terrain d’expression de revendications identitaires et diplomatiques. Une simple carte imprimée sur un maillot suffit alors à déclencher un débat d’ampleur nationale.
































