L’annonce de la liste de Vladimir Petkovic pour le rassemblement de mars continue de faire réagir en Algérie, notamment au poste de gardien de but. Parmi les absents qui font débat, celui de Farid Chaâl n’est pas passé inaperçu. Le portier du CR Belouizdad, pourtant auteur d’une saison solide, n’a pas été retenu dans un groupe élargi à quatre gardiens évoluant tous à l’étranger. Un choix fort, qui alimente les discussions autour de la place des joueurs locaux dans le nouveau projet des Verts.
Avec 14 clean sheets en 30 matchs toutes compétitions confondues et des prestations régulières sous les couleurs du CRB, Chaâl pouvait légitimement espérer figurer dans la liste. D’autant plus qu’il sort d’une expérience récente avec l’équipe nationale A’, où il avait été titulaire lors de la Coupe arabe 2025. Son profil, son vécu et ses performances semblaient cocher plusieurs cases, surtout dans un contexte de renouvellement du groupe.
Mais Vladimir Petkovic a tranché autrement. Le sélectionneur a décidé de miser sur un quatuor composé de Luca Zidane, Anthony Mandrea, ainsi que deux nouvelles têtes, Melvin Mastil et Kilian Belazzoug. Un choix qui confirme une tendance : celle de privilégier des profils évoluant à l’étranger, quitte à écarter des éléments performants en championnat local.
Après le match du CR Belouizdad face à Al Masry, qui a permis au club algérois de décrocher sa qualification pour les demi-finales de la Coupe de la Confédération de la CAF, Farid Chaâl s’est exprimé avec retenue mais lucidité. Auteur d’un clean sheet décisif lors de cette rencontre, le gardien n’a pas caché une certaine frustration, tout en gardant un discours mesuré.
« L’équipe nationale appartient à tout le monde. Nous aimons notre pays : si l’on fait appel à nous, on répond présent ; si ce n’est pas le cas, on continue à travailler », a-t-il déclaré, avant de lâcher une phrase qui a rapidement fait réagir : « Que Dieu guide ceux qui établissent la liste. Je pense ne pas faire partie de la liste élargie. »
Des mots forts, mais sans polémique directe. Chaâl choisit de rester dans une posture professionnelle, tout en envoyant un message clair sur son ressenti. Derrière cette déclaration, c’est aussi une réflexion plus large qui émerge sur la reconnaissance des performances en Ligue 1 Mobilis.
Le portier du CRB a d’ailleurs insisté sur ce point, appelant implicitement à une meilleure considération du championnat local. « Tout le monde voit, et le sélectionneur national suit aussi. C’est lui qui fait ses choix : s’il est juste, cela se voit sur le terrain ; sinon, c’est autre chose », a-t-il expliqué, dans une sortie qui interpelle sans accuser frontalement.
Dans la foulée, il a élargi son propos en évoquant la richesse du vivier local : « À celui qui est responsable des joueurs locaux, je dis qu’il y a plusieurs gardiens dans le championnat qui sont en train de se distinguer. » Un message qui dépasse son cas personnel et qui relance le débat sur la place accordée aux talents évoluant en Algérie.
Cette situation intervient à un moment charnière pour la sélection. Petkovic entame un nouveau cycle et semble vouloir imprimer sa vision, avec des choix assumés et parfois tranchants. Le poste de gardien, souvent considéré comme stratégique, en est une parfaite illustration.
Reste à savoir si ces décisions porteront leurs fruits sur le terrain. Car au-delà des débats, c’est bien la performance collective qui tranchera. En attendant, le cas Farid Chaâl rappelle que derrière chaque liste, il y a aussi des histoires individuelles, des espoirs et des frustrations.
Et dans un pays où la passion pour l’équipe nationale dépasse tout, chaque absence devient forcément un sujet.






























