C’est dans ce vide de candidatures solides que l’option marocaine a progressivement émergé. Le Maroc dispose d’un avantage évident : des infrastructures déjà opérationnelles, une expérience récente en matière d’organisation de compétitions majeures et une administration sportive rompue aux standards internationaux. Toutefois, cette piste ne s’inscrit pas dans une logique de simple disponibilité. Les discussions avancées évoquent une posture ferme du côté marocain, conscient de sa position centrale dans ce dossier. L’éventualité d’une nouvelle organisation serait conditionnée à plusieurs paramètres, à commencer par le résultat sportif de l’édition actuelle. En clair, rien ne serait automatique. Les responsables marocains souhaitent des garanties précises, tant sur l’accompagnement institutionnel que sur la reconnaissance de l’effort consenti, refusant l’idée d’une désignation par défaut qui exposerait le pays à toutes les critiques sans contrepartie claire.
En parallèle, les alternatives peinent à convaincre. L’Égypte, régulièrement citée comme solution de repli naturelle, ne semble pas disposée, pour l’heure, à s’engager dans un projet aussi lourd dans un laps de temps aussi réduit. Cette hésitation renforce la pression sur la CAF, désormais confrontée à ses propres choix stratégiques. La réforme du calendrier, pensée pour moderniser la compétition, révèle ici ses effets secondaires : une CAN 2028 qui arrive trop vite, sans vivier de candidats prêts à répondre à l’appel. Si le Maroc venait finalement à être désigné, la décision apparaîtrait moins comme un choix politique assumé que comme une réponse pragmatique à une urgence structurelle. Une situation qui pose une question de fond : la gouvernance du football africain est-elle aujourd’hui suffisamment anticipatrice pour accompagner ses propres réformes ? La réponse, elle, se dessinera bien avant le coup d’envoi de 2028.
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