Dans une interview accordée au média Carré, le joueur de 31 ans a raconté les faits avec émotion et une pointe d’amertume. À l’époque, entre 2018 et 2020, il réalisait de bonnes performances en Europe de l’Est, ce qui avait naturellement attiré l’attention autour de son profil. C’est alors qu’il aurait été approché par un homme et une femme se présentant comme proches du staff technique des Lions Indomptables.
« On m’a clairement dit que si je voulais être appelé, il fallait payer 10 000 euros », confie Moukam.
« C’était bien organisé. Le club du BATE Borisov avait même reçu une lettre de convocation. C’était leur manière de prouver que tout était sérieux, comme pour me dire : “Si tu doutes, regarde, on a les papiers.” »
Un système d’influence bien ancré
Ces révélations font écho à d’autres témoignages entendus ces dernières années, où plusieurs joueurs ont dénoncé des pratiques similaires : paiements exigés, promesses d’appels truquées, agents douteux ou membres infiltrés profitant de leur position pour monnayer des sélections.
Si les faits évoqués par Moukam remontent à avant l’ère de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT, ils rappellent combien la corruption et le clientélisme demeurent un fléau profond du football camerounais.
Le joueur n’a toutefois cité aucun nom, ce qui rend impossible toute identification formelle des responsables. Reste que son récit ajoute un nouveau chapitre à la longue liste des scandales de favoritisme et de chantage qui empoisonnent la sélection nationale depuis des décennies.
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