Selon les éléments versés au dossier, l’instruction s’est également intéressée à des contrats relatifs à l’hébergement, à la restauration, au transport et à l’acquisition d’équipements. Les enquêteurs auraient relevé des irrégularités dans l’élaboration de certains cahiers des charges et des manquements aux procédures légales lors de l’attribution de marchés à des opérateurs économiques. À l’issue de cette phase, Charaf-Eddine Amara a été poursuivi pour « abus de fonction », qualification retenue au regard de l’article 33 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Cette qualification a été confirmée par la chambre d’accusation près le Conseil judiciaire d’Alger, après examen d’un recours introduit dans la procédure.
Lors de son audition, l’ancien dirigeant a tenu à contextualiser son action. Il a rappelé avoir accédé à la présidence de la FAF le 15 avril 2021 et a précisé que le cahier des charges du CHAN 2023 avait été élaboré par la Confédération africaine de football et validé par l’Algérie dès 2018, soit avant son arrivée à la tête de l’instance fédérale, à une période où la FAF était dirigée par Kheireddine Zetchi. Il a affirmé qu’à son entrée en fonction, il s’était limité à superviser la commission locale d’organisation déjà existante, se contentant de remplacer certains membres ayant quitté la fédération. Charaf-Eddine Amara a également rappelé avoir présenté sa démission, en même temps que l’ensemble du bureau fédéral, le 31 mars 2022. Il s’agit de son deuxième placement en détention provisoire, après une première décision rendue le 21 décembre dernier dans une autre affaire liée à son passage à la tête du groupe public Madar Holding, un contexte judiciaire qui continue d’alimenter un débat sensible autour de la gouvernance des institutions sportives.
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