À quelques heures du match très attendu entre l’Algérie et la République démocratique du Congo (RDC), comptant pour une compétition africaine majeure, une polémique a émergé et alimente de vives discussions sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médiatiques. En cause : des scènes montrant des rassemblements de ressortissants marocains et congolais devant l’ambassade de la RDC, dans l’espoir d’obtenir des billets gratuits pour assister à la rencontre face aux Fennecs. Un épisode qui, pour de nombreux observateurs algériens, est perçu comme une nouvelle marque de défiance, voire de provocation, dans un contexte régional déjà tendu.
Depuis plusieurs années, les relations entre l’Algérie et le Maroc traversent une période de crispation diplomatique sans précédent. Chaque geste, chaque déclaration et désormais chaque événement sportif est interprété à travers le prisme de cette rivalité politique. Dans ce climat, le soutien affiché – réel ou supposé – de certains cercles marocains à l’équipe congolaise contre l’Algérie est vécu par une partie de l’opinion publique algérienne comme un « coup de poignard dans le dos ».
Les images largement relayées montrent des foules se rassemblant devant l’ambassade de la RDC, espérant obtenir des tickets pour le match Algérie–RD Congo. Si ce type de scène n’est pas inédit dans le football africain, où les matchs de prestige suscitent un engouement populaire considérable, le contexte géopolitique donne à cet événement une portée bien plus symbolique. Pour certains analystes, il ne s’agit pas seulement de football, mais d’un prolongement indirect des rivalités diplomatiques sur le terrain sportif.
Du côté marocain, aucune position officielle n’a été exprimée pour confirmer un soutien institutionnel à la RDC contre l’Algérie. Beaucoup rappellent que le football reste avant tout un espace d’émotion, de passion et parfois de provocation bon enfant entre supporters. Toutefois, dans un climat aussi chargé, la frontière entre rivalité sportive et message politique devient floue.
En Algérie, de nombreuses voix appellent à la retenue et au discernement. Des commentateurs soulignent que l’Algérie, forte de son histoire et de son statut continental, n’a pas besoin de s’attarder sur des gestes symboliques ou des comportements de supporters. Le sport, rappellent-ils, doit rester un facteur de rapprochement entre les peuples africains, et non un terrain supplémentaire de confrontation politique.
Cette affaire met également en lumière une réalité plus large : le football africain est souvent pris en otage par des enjeux qui le dépassent. Les supporters, parfois instrumentalisés ou emportés par des discours nationalistes, deviennent les acteurs involontaires de tensions diplomatiques qu’ils ne maîtrisent pas.
Au final, le match Algérie–RD Congo reste avant tout un rendez-vous sportif, où seule la performance sur le terrain devrait compter. Pour beaucoup d’Algériens, la meilleure réponse à ce qu’ils considèrent comme une provocation n’est ni la polémique ni l’escalade verbale, mais la concentration, le fair-play et la victoire sportive. Car c’est sur la pelouse, et non devant les ambassades, que se joue l’honneur du football.



































