Hervé Renard – Maroc : La voix d’Hervé Renard porte toujours un écho particulier lorsqu’il s’agit de la Coupe d’Afrique des nations. Double vainqueur du trophée et fin connaisseur des dynamiques africaines, le technicien français a livré une lecture à la fois lucide et nuancée de l’édition organisée au Maroc. Un regard empreint d’admiration pour le niveau global de la compétition, mais aussi marqué par une amertume liée à son dénouement. « Cette Coupe d’Afrique au Maroc était exceptionnelle à tous points de vue. C’était comme un repas complet, tout était excellent, sauf le dessert à la fin », a-t-il résumé, soulignant le contraste entre la qualité de l’ensemble et une conclusion qu’il juge inachevée. Une image parlante pour décrire un tournoi qu’il a suivi dans son intégralité, convaincu que la finale opposait les deux meilleures équipes du moment.
Renard s’est longuement attardé sur les scènes qui ont entouré l’ultime rendez-vous, conscient de leur portée symbolique. L’épisode du retrait momentané des joueurs sénégalais du terrain n’a pas échappé à son analyse. Sans chercher à excuser, il a tenté de contextualiser. « Dans des moments de très forte tension, des erreurs peuvent arriver. Je connais bien Pape Thiaw, c’est quelqu’un de respectueux, et il a reconnu son erreur après le match. Le problème, c’est que cela s’est produit à un moment extrêmement sensible », a-t-il expliqué. Plus encore, le geste de Brahim Díaz restera, selon lui, comme l’instant figé de cette finale. « Tout le monde peut rater un penalty, même les plus grands joueurs. Le problème, c’est la manière. Était-ce de la nervosité ou une mauvaise décision à la dernière seconde ? Malheureusement, ce penalty restera dans les mémoires, mais pas comme il l’aurait souhaité », a-t-il confié, mesurant le poids psychologique de cette tentative manquée.
Interrogé sur les débats autour d’une supposée jalousie à l’égard du Maroc, Renard a balayé le sujet avec détachement. « Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, donc je ne sais pas ce qui s’y dit », a-t-il glissé, avant d’évoquer, avec humour, la manière très personnelle dont il a vécu cette finale. « Chez moi, c’était particulier. Ma femme est sénégalaise, mais j’ai entraîné le Maroc pendant trois ans et demi. Vous pouvez imaginer l’équipe que j’ai choisie pour la taquiner après le match ». Derrière la légèreté, le message est clair : l’avenir du football marocain demeure prometteur. « Le Maroc a réalisé une compétition remarquable jusqu’aux prolongations. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, il gagnera bientôt une Coupe d’Afrique », a assuré Renard, rappelant que le Sénégal avait lui aussi connu de longues années d’attente avant de toucher enfin le sommet. Pour lui, cette finale perdue n’est qu’une étape, « une petite glissade », dans une trajectoire ascendante appelée à mener de nouveau le Maroc vers les sommets continentaux.
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