Maroc : une nouvelle controverse aux accents surréalistes est venue s’ajouter à l’interminable feuilleton né de la finale de la CAN 2025. Cette fois, ce n’est ni une décision arbitrale ni une séquence de jeu qui a enflammé le débat, mais une déclaration pour le moins déroutante émanant d’un responsable politique marocain. Selon ses propos, largement relayés et commentés, la sélection sénégalaise aurait eu recours à des pratiques de « magie » dans le vestiaire avant le penalty manqué par Brahim Díaz. Une affirmation grave, sans le moindre élément factuel à l’appui, qui a aussitôt suscité stupeur, moqueries et indignation bien au-delà des frontières du Maroc. Dans un contexte déjà chargé de tensions, cette sortie a été perçue comme un pas supplémentaire vers le déni sportif, au moment même où l’analyse rationnelle et l’acceptation du résultat étaient attendues.
Sur les réseaux sociaux comme dans les cercles médiatiques, la réaction a été quasi immédiate. Nombre d’observateurs ont dénoncé une dérive inquiétante du discours, rappelant que le football, aussi passionnel soit-il, repose sur des faits, des performances et des décisions humaines – parfois contestables, certes –, mais jamais sur des suppositions mystiques. Le penalty raté par Díaz, arrêté par Édouard Mendy, a déjà été largement décortiqué : choix de tir, lecture du gardien, pression du moment. Introduire la notion de sorcellerie dans ce débat a été jugé non seulement absurde, mais aussi irrespectueux envers une équipe sénégalaise qui a construit son sacre par le travail, la discipline et la résilience. Beaucoup y ont vu une tentative maladroite de déplacer la responsabilité, au lieu de reconnaître simplement la supériorité de l’adversaire dans les moments clés.
Plus profondément, cette affaire pose la question du rôle et de la responsabilité de la parole publique, surtout lorsqu’elle émane de figures politiques. À l’heure où le football africain cherche à renforcer sa crédibilité et à projeter une image moderne, ce type de propos nourrit les caricatures et affaiblit le discours institutionnel. La CAN 2025 a déjà souffert de trop nombreuses polémiques pour qu’on y ajoute des théories invérifiables. Heureusement, le ridicule ne tue pas, mais il laisse des traces : il détourne l’attention des vrais enjeux, alimente les fractures et discrédite ceux qui s’y livrent. Face à un tel emballement, la meilleure réponse reste sans doute celle du terrain, où le Sénégal a parlé avec ses armes : un collectif solide, un gardien décisif et une victoire acquise sans artifice. Le reste relève davantage de la fable que de l’analyse sportive.
































