La sortie est brutale, sans précaution oratoire, et elle a immédiatement ravivé un débat que beaucoup pensaient repoussé à plus tard. Au lendemain de l’élimination de l’Algérie, la parole de Walid Acherchour s’est imposée dans l’espace médiatique par sa radicalité assumée. En ciblant directement Riyad Mahrez, le consultant ne s’est pas contenté d’une critique ponctuelle : il a remis en cause un statut, un leadership et une place historique au sein de la sélection. Dans un contexte de frustration collective, cette prise de position a agi comme un électrochoc, tant Mahrez reste associé, dans l’imaginaire populaire, aux plus grandes réussites récentes des Verts.
« Mahrez a été un poids pour l’Algérie. Le bilan de sa CAN est négatif. Il faut reconsidérer son statut, il n’est plus bénéfique pour la sélection. Cette Coupe du Monde ne doit pas servir d’adieux à Mahrez sinon tu vas dans le mur comme aujourd’hui. » La déclaration, livrée sans filtre, concentre l’essence du reproche : au-delà des statistiques, c’est l’impact global du capitaine qui est jugé insuffisant. Acherchour ne nie pas le passé ni le talent, mais questionne l’adéquation entre le rôle accordé à Mahrez et les exigences actuelles du très haut niveau international. Le débat ne porte plus uniquement sur une performance ratée, mais sur la capacité d’un leader historique à incarner un projet tourné vers l’avenir, dans une sélection en reconstruction.
Cette critique frontale met en lumière une fracture plus profonde dans la lecture du cycle actuel. D’un côté, ceux qui estiment que l’expérience et le vécu de Mahrez restent indispensables pour encadrer une génération en transition. De l’autre, une voix de plus en plus audible qui considère que le poids symbolique du joueur pourrait freiner l’émergence de nouveaux équilibres. La question n’est donc pas celle du respect dû à un monument du football algérien, mais celle de l’efficacité sportive à court et moyen terme. En évoquant la Coupe du Monde comme un possible point de bascule, Acherchour projette le débat au-delà de la CAN, appelant implicitement à des choix forts et parfois impopulaires. Dans une sélection où l’émotion et l’histoire occupent une place centrale, cette prise de parole souligne une réalité souvent difficile à accepter : le football international ne pardonne ni la nostalgie ni l’immobilisme. Le débat est désormais ouvert, frontal, et il accompagnera inévitablement les prochaines décisions du sélectionneur, entre fidélité aux symboles et nécessité de performance.


































