À peine installé à la tête du Conseil d’administration de la JS Kabylie (JSK), Adel Boudedja a choisi de s’adresser frontalement aux supporters, par le biais d’une conférence de presse. Dix jours après sa prise de fonctions, le nouveau patron des Canaris n’a pas cherché à embellir la situation. Il reconnaît avoir découvert des aspects encourageants au sein du club, mais aussi des dysfonctionnements qu’il entend corriger rapidement. Son engagement central : instaurer une gestion transparente et rompre avec les zones d’ombre qui ont pu alimenter la défiance ces dernières années.
Dans son intervention, Boudedja a insisté sur la nécessité de reconstruire sur des bases saines, en restaurant la confiance entre la direction et les supporters. Il promet une communication plus claire, des décisions assumées publiquement et une gouvernance tournée vers la stabilité. Pour lui, la crédibilité du projet passera par des actes concrets plus que par des discours.
Le cœur de sa vision repose toutefois sur un chantier prioritaire : la formation. La JSK, club le plus titré du pays, doit selon lui renouer avec son identité historique de vivier à talents. L’objectif est ambitieux et assumé : faire émerger dans les prochaines années des profils capables de suivre les traces de joueurs comme Youcef Atal et Ramy Bensebaini. Pour Boudedja, la réussite durable ne peut se construire uniquement sur le marché des transferts ; elle doit s’appuyer sur un travail structuré en profondeur, avec des investissements ciblés et une méthodologie moderne.
Sur le plan sportif immédiat, le président a tenu à calmer les spéculations. L’entraîneur Josef Zinnbauer conserve la confiance de la direction et poursuivra sa mission, sauf retournement majeur. Cette volonté de stabilité vise à éviter les bouleversements permanents qui freinent souvent la progression des équipes. Parallèlement, la nomination prochaine d’un directeur sportif viendra compléter l’organigramme et clarifier les responsabilités.
La modernisation structurelle figure également dans les priorités. La JSK entend accélérer sa transition numérique avec le lancement d’une application officielle et d’un nouveau site internet. Une étape symbolique mais stratégique, destinée à professionnaliser l’image du club et à renforcer le lien avec sa base de supporters, en Algérie comme à l’étranger.
Interrogé sur le dossier sensible du départ de Mehdi Merghem vers le SC Bastia, Boudedja a affiché une certaine fermeté. Estimant que le club n’a pas bénéficié comme il l’aurait souhaité de cette opération, il a annoncé le recours à un cabinet d’avocats afin de défendre les intérêts de la JSK. Un signal clair : la nouvelle direction ne laissera aucun dossier en suspens.
Malgré ce discours structurant et orienté vers le long terme, le président ne renonce pas aux ambitions immédiates. Il souhaite voir l’équipe jouer les premiers rôles dès cette saison, tout en restant lucide sur les défis à relever. Mais au-delà des objectifs sportifs, c’est son appel final qui a marqué les esprits. À plusieurs reprises, il a sollicité l’appui des supporters, les invitant à accompagner ce nouveau projet.
Plus qu’une déclaration protocolaire, son message résonne comme un véritable cri du cœur. Conscient du poids de l’histoire et de l’exigence qui entoure la JSK, Adel Boudedja sait que la réussite de son mandat dépendra autant de la cohérence de son projet que de l’unité autour du club. Entre reconstruction, ambition et appel au rassemblement, une nouvelle page semble s’ouvrir du côté de Tizi Ouzou.































