À l’approche du quart de finale très attendu entre l’Algérie et le Nigeria à la CAN 2025, l’attention se focalise naturellement sur la puissance offensive des Super Eagles. Emmenée par des individualités de classe mondiale comme Victor Osimhen, Ademola Lookman, Paul Onuachu ou encore Alex Iwobi, la sélection nigériane affiche des statistiques impressionnantes dans ce tournoi. Pourtant, derrière cette force de frappe redoutable se cache une fragilité que les Fennecs pourraient exploiter pour se frayer un chemin vers les demi-finales.
Avec 12 buts inscrits depuis le début de la compétition, le Nigeria possède l’attaque la plus prolifique de cette CAN 2025, devançant le Sénégal (10 buts) ainsi que l’Algérie et la Côte d’Ivoire (8 réalisations chacune). Cette efficacité offensive s’est notamment illustrée lors du huitième de finale face au Mozambique, remporté sur un score net de 4-0. Une démonstration qui a renforcé l’image d’un Nigeria conquérant et sûr de sa force.
Cependant, ce match face au Mozambique cache une réalité plus nuancée. Il s’agissait en effet du premier clean sheet du Nigeria dans cette CAN. Avant cela, la défense des Super Eagles avait systématiquement cédé, face à des adversaires pourtant loin d’être favoris : la Tanzanie, l’Ouganda et surtout la Tunisie, qui avait trouvé la faille à deux reprises. Ce constat met en lumière une porosité défensive préoccupante, en décalage avec le statut de vice-champion d’Afrique du Nigeria.
Cette fragilité ne date pas uniquement de la CAN 2025. Depuis l’arrivée d’Éric Chelle à la tête de la sélection nigériane, les difficultés défensives sont récurrentes. En 16 matchs disputés sous sa direction, la défense a encaissé 22 buts, pour seulement quatre rencontres sans encaisser. Même des sélections modestes, à l’image du Lesotho, ont réussi à déstabiliser l’arrière-garde nigériane, preuve que les automatismes défensifs restent perfectibles.
Face à cette situation, l’Algérie peut nourrir de réels espoirs. Les hommes de Vladimir Petkovic affichent jusqu’ici une solidité défensive remarquable, avec un seul but encaissé depuis le début du tournoi. L’organisation, la discipline tactique et l’engagement collectif constituent des points forts indéniables des Verts dans cette CAN. Sur le plan défensif, l’Algérie semble même plus équilibrée que son futur adversaire.
Toutefois, un bémol subsiste côté algérien : l’efficacité offensive. Si les occasions ne manquent pas, la finition laisse parfois à désirer. Le but tardif d’Adel Boulbina face à la RD Congo (119e minute) a permis d’éviter les tirs au but, mais il illustre aussi les difficultés des Fennecs à concrétiser leur domination. Or, face à une équipe nigériane capable de punir la moindre erreur, le manque de réalisme pourrait coûter cher.
Ce quart de finale s’annonce donc comme un véritable duel de styles : l’attaque flamboyante du Nigeria contre la rigueur défensive et la patience algériennes. Si les Verts parviennent à exploiter les espaces laissés par une défense nigériane parfois friable, tout en se montrant plus cliniques dans les zones de vérité, ils ont clairement une carte à jouer.
Dans un tournoi où les détails font la différence, la faiblesse défensive du Nigeria pourrait bien être le facteur clé. À l’Algérie désormais de transformer cette opportunité en qualification, et de poursuivre son rêve d’un troisième sacre continental.






























