Algérie – Maroc : La Coupe d’Afrique des nations 2025 s’est achevée sur un sacre sénégalais aussi mérité sportivement que lourd de symboles, tant la finale disputée face au Maroc a cristallisé des critiques venues bien au-delà du continent africain. Dans un climat déjà chargé depuis les premiers tours, la rencontre décisive a servi de point d’orgue à une compétition dont l’arbitrage et l’organisation ont été largement remis en question. Le Sénégal, finalement vainqueur sur la plus petite des marges, a vu son succès interprété par de nombreux observateurs comme une forme de justice sportive, après une succession de décisions jugées incohérentes. Cette lecture, longtemps portée par l’Algérie, a trouvé un écho inattendu dans la presse internationale, qui a progressivement rejoint une analyse initialement minoritaire : celle d’une CAN marquée par des dérives structurelles.
Dès les heures qui ont suivi la finale, plusieurs médias de référence ont dressé un constat sévère. La presse espagnole, à l’image de Marca, a évoqué une « accumulation de séquences incompréhensibles » : un but sénégalais refusé sans recours à la VAR, une intervention arbitrale tardive menant à un penalty controversé en faveur du pays hôte, puis une interruption de match symptomatique d’un malaise plus profond. Le quotidien madrilène est allé jusqu’à parler d’un scénario « qui restera comme l’un des plus déroutants de l’histoire du football moderne », soulignant que l’enchaînement des faits – décisions arbitrales, tension sur le terrain, incidents en tribunes – donnait l’image d’une compétition ayant perdu le fil de son équité. En France, RMC a également insisté sur l’étrangeté d’un final « hors norme », pointant des choix arbitrales incapables d’apaiser les débats et laissant place à une confusion généralisée.
Ce mouvement critique a résonné avec la position défendue depuis des semaines par l’Algérie, dont les alertes répétées sur le déroulement du tournoi avaient parfois été perçues comme excessives. À l’issue de la compétition, elles apparaissent désormais comme prémonitoires pour une partie de l’opinion internationale. Sans se réjouir du chaos, plusieurs analystes ont reconnu que les mises en garde algériennes mettaient le doigt sur un problème de crédibilité plus large, touchant à la gouvernance et à la gestion de l’arbitrage. Dans ce contexte, le triomphe sénégalais est devenu le symbole d’une résistance sportive face à un environnement jugé défaillant. Et si la CAN 2025 restera dans les livres pour son vainqueur, elle pourrait surtout être retenue comme l’édition ayant provoqué une prise de conscience globale, où le regard du monde s’est finalement aligné sur celui de l’Algérie, dénonçant une compétition que beaucoup qualifient désormais comme la plus controversée de son histoire.
































