Maroc – Algérie : à l’approche de l’affiche Cameroun–Maroc, la polémique née autour de la composition du corps arbitral a rapidement quitté le terrain du rationnel pour s’installer dans celui du soupçon systématique. La désignation de deux arbitres algériens, dont l’un affecté à la VAR, aux côtés d’un encadrement égyptien, a suffi à déclencher une réaction officielle de la Fédération Royale Marocaine de Football. Un recours a été déposé, invoquant un prétendu retard administratif et, surtout, un risque d’atteinte à l’équité dans un contexte politique régional tendu. Une lecture qui interroge, tant elle semble confondre arbitrage sportif et procès d’intention, au mépris des règles et des usages en vigueur dans les compétitions internationales.
Car sur le fond, l’argumentaire peine à convaincre. Les arbitres désignés, algériens comme égyptiens, sont des officiels internationaux régulièrement sollicités par la Confédération africaine de football sur des rencontres à fort enjeu. Leur présence ne constitue ni une anomalie ni une entorse aux règlements, encore moins une première dans l’histoire de la CAN. Faire mine de découvrir que des arbitres de différentes nationalités peuvent officier sur une même rencontre relève davantage de la posture que d’une inquiétude fondée. À ce niveau de compétition, l’impartialité ne se décrète pas par l’origine géographique, mais se juge à la compétence, à l’expérience et au cadre strict imposé par la CAF. Suggérer qu’un officiel ne pourrait exercer son métier avec neutralité en raison de son passeport revient à nier l’essence même de l’arbitrage international.
En réalité, cette sortie traduit surtout une crispation inutile avant un match qui se jouera sur le terrain. Le Équipe du Maroc de football, fort de son statut et de son effectif, n’a objectivement rien à gagner à installer un climat de suspicion préalable. À l’inverse, cette démarche risque d’alimenter une spirale où chaque décision arbitrale, correcte ou non, serait interprétée à travers le prisme du complot. La CAF, déjà échaudée par plusieurs controverses durant cette CAN, se retrouve sommée de répondre à une contestation qui confine à l’excès de zèle. Le Cameroun, lui, observe ce tumulte à distance, concentré sur l’enjeu sportif. À force de brandir l’argument politique là où il n’a pas lieu d’être, la polémique marocaine finit par apparaître déconnectée des réalités du football moderne. Dans un tournoi où la crédibilité se construit par le jeu et la performance, persister dans ce registre revient surtout à fragiliser son propre discours, et à détourner l’attention de l’essentiel : un match qui doit se gagner, ou se perdre, ballon au pied.
En plus des égyptiens, 𝗗𝗘𝗨𝗫 𝗔𝗥𝗕𝗜𝗧𝗥𝗘𝗦 𝗔𝗟𝗚𝗘𝗥𝗜𝗘𝗡𝗦 composeront le corps arbitral du match entre le Cameroun et le Maroc, dont l'un responsable de la VAR.
La FRMF a déposé un recours prétextant un retard administratif dans la désignation des arbitres, par crainte… pic.twitter.com/NMHbnFuNo5
— 𝗔𝗰𝘁𝘂 𝗗𝗭 ☪︎ (@ActuDZ_) January 8, 2026


































