Maroc : la publication attribuée à Yasser Zabiri a provoqué une onde de choc bien au-delà des réseaux sociaux, tant la formule employée a heurté de nombreuses sensibilités sur le continent. Dans un contexte encore marqué par les tensions de la CAN 2025, voir un international marocain associer son propos à une dévalorisation globale de l’Afrique a immédiatement suscité incompréhension et indignation. La phrase, brute et sans nuance, a été interprétée comme une sortie de cadre, d’autant plus mal reçue qu’elle émane d’un jeune joueur dont la carrière s’est construite grâce aux compétitions et aux structures africaines. Très vite, le débat a quitté le terrain sportif pour se déplacer vers celui des valeurs, du respect et de la responsabilité publique des acteurs du football.
Les réactions ont afflué, venues de supporters, d’anciens joueurs et d’observateurs, rappelant que le football africain est un espace de diversité, d’opportunités et de progrès, malgré ses imperfections. Beaucoup ont souligné le paradoxe d’un propos qui semble nier l’apport décisif du continent à l’émergence des talents, y compris marocains. D’autres ont mis en garde contre l’amalgame entre un sentiment personnel et une réalité collective, insistant sur le fait que les mots, surtout lorsqu’ils sont portés par une figure publique, ont un poids symbolique considérable. Dans un environnement déjà fragilisé par des polémiques récentes, cette déclaration a ravivé des crispations et nourri des lectures antagonistes, là où l’apaisement et la pédagogie étaient attendus.
Au fond, l’épisode rappelle une évidence souvent oubliée : la parole publique engage. Les joueurs, jeunes ou confirmés, sont des ambassadeurs de leur sport et, par ricochet, de leurs pays et de leurs compétitions. Une formule excessive peut réduire à néant des années d’efforts de rapprochement et de valorisation du football africain. Si la critique est légitime lorsqu’elle vise des mécanismes précis — organisation, arbitrage, gouvernance — elle perd toute pertinence lorsqu’elle s’attaque indistinctement à un continent. La responsabilité incombe désormais à l’intéressé et à son entourage de clarifier l’intention, de contextualiser ou, le cas échéant, de rectifier. Le football africain a besoin de débats exigeants et documentés, pas de sentences définitives. Dans une période où l’image du continent se construit aussi par la voix de ses talents, la retenue et le respect demeurent les meilleurs alliés d’une ambition partagée.
Lire aussi : « Le vol de serviettes ? Ça ne m’étonne pas du Maroc »
































