À quelques semaines du coup d’envoi de la CAN 2025, qui se tiendra au Maroc du 21 décembre au 18 janvier, une polémique étonnante a refait surface sur un plateau de CNews. Alors que l’Algérie s’apprête à vivre la compétition à plus de 2200 kilomètres de la France, certains commentateurs trouvent malgré tout le moyen d’associer l’évènement, comprenant un concert du réveillon à Paris, à des inquiétudes sécuritaires en plein cœur de Paris. C’est comme si que les Algériens allaient célébrer une qualification en 8e de finale de la CAN !
Le chroniqueur Thomas Bonnet a ainsi relayé une information selon laquelle l’annulation d’un concert du réveillon, prévu dans la capitale française Paris, serait liée… au match opposant l’Algérie à la Guinée équatoriale. Une rencontre programmée le 31 décembre dans le cadre de la troisième journée de la phase de groupes. Selon cette interprétation, les autorités craindraient que des supporters algériens se rassemblent à Paris en cas de bonne performance de leur équipe, ce qui pourrait entraîner des « mouvements de foule ». Une hypothèse qui a très rapidement suscité de nombreuses réactions tant elle paraît déconnectée de la réalité sportive comme de la situation géographique.
« L’avenue n’est pas adaptée pour accueillir autant de monde (1 millions de personnes) pour assister à un concert populaire. La crainte de bousculades et de mouvements de foule susceptibles de provoquer un phénomène de panique a dissuadé le préfet de police d’autoriser l’organisation d’un concert live pour cette fin d’année 2025. », précise de son coté TF1.
Ce récit alarmiste est, pour beaucoup, révélateur d’un climat médiatique devenu coutumier de ce type d’amalgames. L’impression de voir systématiquement la communauté algérienne pointée du doigt dès qu’un évènement sportif approche est ressentie comme profondément injuste — d’autant que d’autres diasporas tout aussi passionnées prennent part à la CAN sans pour autant être visées par des discours similaires.
La justification avancée, selon laquelle la France serait dans l’incapacité de mobiliser des dispositifs sécuritaires suffisants un soir de réveillon, interroge elle aussi. Comment un pays capable de déployer d’importantes ressources sur la scène internationale pourrait-il être dépassé par de simples célébrations sportives hypothétiques ? Beaucoup y voient une dramatisation gratuite visant avant tout à alimenter une peur infondée.
La polémique repose, de surcroît, sur une idée discutable : celle selon laquelle l’Algérie, en cas de victoire lors d’un match de poules, déclencherait des scènes de liesse massives. Historiquement, ce n’est pourtant pas ce type de match qui génère les célébrations les plus intenses. L’argument s’effondre donc de lui-même.
Au final, cette séquence médiatique apparaît comme un épisode de plus dans une mécanique bien rodée : créer l’émotion, susciter l’indignation, et désigner un public comme source de risques potentiels. Une manière de détourner l’attention plutôt que d’informer réellement.
La CAN, rappelons-le, demeure avant tout une fête du football africain. Et si l’équipe d’Algérie réalise un bon parcours, ce sera d’abord sur les terrains marocains — pas sur les plateaux télé que l’on devrait en parler.






























