Depuis le début de la CAN 2025, l’Algérie de Vladimir Petkovic impressionne par sa capacité à se réinventer tactiquement en cours de match. Héritière d’une équipe qui sous Djamel Belmadi alternait entre 4-3-3, 3-4-3 ou 3-5-2, la sélection nationale montre aujourd’hui une flexibilité accrue et maîtrisée. Ce changement subtil mais déterminant est devenu l’une des armes les plus redoutables des Verts dans ce tournoi marocain qui se tient du 21 décembre au 18 janvier.
Cette adaptabilité explique en grande partie la perplexité des analystes télévisés, souvent incapables de prédire la stratégie exacte de l’Algérie avant le coup d’envoi. Une confusion qui bénéficie directement aux joueurs sur le terrain : les adversaires, même ceux préparés depuis des semaines, peinent à anticiper le plan de jeu algérien. Chaque rencontre devient ainsi un casse-tête pour les entraîneurs rivaux, qui doivent réagir en temps réel plutôt que d’imposer leur plan initial.
Le premier véritable test tactique pour Petkovic aura lieu mardi au stade Moulay Hassan à Rabat, lors du 1/8 de finale face à la RD Congo, souvent citée parmi les favorites. Comme le Burkina Faso, que l’Algérie a battu 1-0 lors du premier tour, les Léopards alignent une défense robuste, un bloc compact et des transitions rapides. La prudence et la vigilance seront donc de mise, surtout après les premières blessures du tournoi : Jaouen Hadjam et Samir Chergui, piliers polyvalents de la défense, ont été contraints de quitter le terrain prématurément.
Cette indisponibilité n’a toutefois pas affaibli la structure algérienne. Petkovic a su faire entrer ses alternatives avec efficacité. Himad Abdelli, Anis Hadj Moussa, Zineddine Belaïd et Mehdi Dorval ont montré qu’ils pouvaient prendre le relais et maintenir l’équilibre de l’équipe. Cette profondeur de banc offre au sélectionneur une marge de manœuvre précieuse, lui permettant de réorganiser la défense ou de changer de dynamique au milieu de la rencontre, selon les besoins.
La gestion du tempo par Petkovic est un autre élément à souligner. L’Algérie n’hésite pas à laisser la possession à l’adversaire, mais transforme chaque récupération en phase offensive rapide et réfléchie. Des joueurs comme Riyad Mahrez ou Ibrahim Maza incarnent cette intelligence collective, où la précision technique s’allie à une lecture du jeu subtile. Même lorsque l’équipe est mise sous pression, elle conserve un contrôle certain sur les transitions et l’espace, rendant sa lecture difficile pour les équipes rivales.
Enfin, le dernier match de poule face à la Guinée équatoriale a révélé la profondeur du banc algérien. Le turn-over opéré par Petkovic n’a pas affaibli l’équipe, au contraire : cela a permis de tester différentes combinaisons et de préparer les hommes clés pour les matchs à élimination directe. Avec cette palette de solutions et une capacité à remodeler sa tactique en permanence, l’Algérie aborde ce 1/8 de finale face à la RD Congo avec un atout majeur : l’imprévisibilité et la polyvalence.

































