Algérie : Dans une Coupe d’Afrique des Nations 2025 où l’intensité et la vitesse d’exécution mettent chaque ligne défensive à rude épreuve, une performance ressort avec une force particulière, presque silencieuse. Les chiffres issus de SofaScore révèlent une donnée rare : parmi tous les défenseurs de l’équipe d’Algérie ayant disputé l’intégralité des rencontres du tournoi, Aïssa Mandi est le seul à n’avoir jamais été éliminé en un-contre-un. Un détail statistique en apparence, mais qui, replacé dans le contexte d’une CAN exigeante, prend une dimension considérable. Face au Soudan, au Burkina Faso, à la Guinée équatoriale puis à la République démocratique du Congo, le défenseur algérien a opposé une constance et une maîtrise rarement observées à ce niveau.
Cette donnée ne relève pas du hasard. Elle illustre un style défensif fondé sur l’anticipation, le placement et la lecture du jeu, plutôt que sur la précipitation ou l’engagement excessif. À 33 ans, Mandi ne cherche plus à impressionner par des gestes spectaculaires ; il impose sa présence par le timing, la sobriété et une gestion intelligente des duels. Dans une compétition où de nombreux attaquants misent sur la vitesse et le dribble pour faire la différence, réussir à ne jamais se faire éliminer sur quatre matchs consécutifs traduit une concentration de chaque instant. Ce type de performance, souvent moins visible que les buts ou les passes décisives, constitue pourtant le socle sur lequel se construisent les parcours solides.
Au fil des rencontres, l’Algérie a pu s’appuyer sur cette fiabilité pour installer son plan de jeu. La défense, sécurisée par l’expérience de Mandi, a offert à l’équipe la possibilité de gérer les temps faibles sans paniquer, et de relancer proprement depuis l’arrière. Face à des adversaires aux profils variés, du bloc bas soudanais aux transitions rapides congolaises, le défenseur algérien a su s’adapter sans jamais rompre. Ne pas être dribblé ne signifie pas seulement gagner ses duels ; cela implique aussi de fermer les angles, d’orienter l’attaquant vers des zones moins dangereuses et de coordonner ses déplacements avec ceux de ses partenaires.
Dans une CAN 2025 marquée par la montée en puissance de profils offensifs audacieux, cette statistique vient rappeler l’importance de l’expérience et de la discipline défensive. Aïssa Mandi incarne cette continuité précieuse entre générations, ce rôle de repère qui ne fait pas toujours la une mais qui rassure un collectif. À l’heure où l’Algérie aborde les étapes les plus décisives du tournoi, ce genre de performance discrète mais implacable pourrait bien peser autant qu’un but décisif. Les chiffres, cette fois, racontent une histoire simple : celle d’un défenseur qui, match après match, a refusé de céder le moindre centimètre.


































