Algérie – Maroc : un récit lourd de soupçons continue de circuler autour des coulisses de la CAN 2025, mettant en lumière ce que certains présentent comme une stratégie d’influence structurée au sein des instances du football africain. Selon cette lecture, l’objectif aurait été de peser sur l’arbitrage continental afin de créer un environnement favorable au Maroc, dans un contexte institutionnel déjà fragilisé par des polémiques répétées. Au cœur de ce récit figure le rôle attribué à Fouzi Lekjaa, dont l’influence présumée aurait trouvé un levier décisif dans la gestion interne de la Confédération africaine de football. La mécanique décrite s’inscrirait dans une temporalité précise, amorcée bien avant le coup d’envoi du tournoi, et nourrie par des décisions administratives présentées comme techniques mais à fort impact politique et sportif.
La séquence initiale évoquée renvoie à une assemblée générale tenue au Caire, où la question de l’audit des comptes de la CAF s’est imposée sur fond de rumeurs persistantes. Le processus, officiellement destiné à clarifier la gouvernance financière, aurait ouvert une fenêtre d’opportunité pour exercer des pressions, notamment autour du rôle du secrétaire général Véron Mosengo-Omba. Le report de la présentation d’un rapport d’audit, sollicité à la dernière minute, est interprété par certains comme un moment charnière, permettant des tractations en coulisses. Dans ce schéma, l’idée d’un échange de bons procédés est avancée : protection institutionnelle d’un côté, contreparties opérationnelles de l’autre, notamment dans la désignation des responsables de l’arbitrage. Cette lecture, présentée comme une hypothèse documentée par des observateurs critiques, insiste sur la fragilité d’un système où les équilibres personnels peuvent infléchir des décisions structurantes.
Le cœur des accusations se concentre ensuite sur la commission d’arbitrage, avec la nomination d’un président issu de la République démocratique du Congo, Olivier Savary, choix décrit comme discret mais déterminant. Dans cette version des faits, la sélection des arbitres pour certaines rencontres clés, y compris l’ouverture et la finale, aurait obéi à une logique de contrôle maximal, réduisant la part d’imprévu. Des noms d’arbitres sont cités par l’opinion publique au fil du tournoi, tandis que l’instance continentale est accusée de silence, voire de défense implicite face aux critiques. La désignation du même arbitre pour des matchs symboliquement majeurs alimente les interrogations, tout comme l’origine commune de plusieurs acteurs clés du dispositif. Sans trancher sur la véracité de ces accusations, ce récit souligne une crise de confiance profonde. Il pose une question centrale pour l’avenir : comment restaurer la crédibilité d’une compétition continentale lorsque la suspicion s’installe durablement autour de ses mécanismes de décision ?

































