Algérie – Maroc : depuis le coup d’envoi de la CAN 2025, une question s’est progressivement imposée dans les débats, jusqu’à devenir centrale après le quart de finale entre l’Algérie et le Nigéria : celle de l’arbitrage. Lors de cette rencontre décisive, un fait de jeu majeur a cristallisé les tensions. Les Fennecs auraient dû bénéficier d’un penalty manifeste, non sifflé par l’arbitre central Issa Sy et surtout ignoré par l’assistance vidéo dirigée par Pierre Atcho. Une décision lourde de conséquences, susceptible de modifier le scénario du match et, peut-être, le destin du tournoi algérien. Depuis, une bataille de récits s’est installée, où certains tentent de diluer la gravité de cet épisode en l’inscrivant dans un tableau global d’erreurs supposément partagées par toutes les sélections.
C’est dans ce contexte que des relais médiatiques ont mis en avant un classement des “erreurs arbitrales” visant à faire croire que plusieurs équipes, dont le pays hôte, auraient été tout autant pénalisées. Une lecture contestée par de nombreux observateurs, tant elle gomme la nature même des décisions. Le sélectionneur marocain Walid Regragui s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet, cherchant à relativiser la polémique : « les polémiques sur l’arbitrage c’est toujours dommage d’aller dans ce chemin-là. On est un bon continent, on travaille bien. Sur le continent africain, sans langue de bois, ça ne date pas d’hier les polémiques etc. C’est aux journalistes de faire leur travail. En Europe, je regarde les matches c’est les mêmes polémiques. Mais comme c’est l’Afrique, on veut faire toujours amplifier. Moi je serais toujours le plus grand défenseur de mon continent. » Un discours apaisant en apparence, mais qui évite soigneusement d’entrer dans le fond du problème : la gravité inégale des erreurs commises et leur impact réel sur le jeu.
Car toutes les décisions ne se valent pas. Mettre sur un même plan un coup franc oublié au milieu de terrain et un penalty évident non accordé relève d’une confusion volontaire. Dans les données avancées, l’Algérie apparaît reléguée à une lointaine 12e place parmi les équipes “lésées”, avec dix décisions défavorables recensées. Or, une analyse qualitative montre une autre réalité : trois penalties potentiels non sifflés et quatre situations majeures non consultées à la VAR, soit sept erreurs lourdes sur un total limité. Autant d’occasions franches de marquer, donc d’influer directement sur le résultat. Pour les hommes de Vladimir Petkovic, le préjudice est bien plus profond que ne le laisse entendre ce classement contesté. En cherchant à noyer les faits sous des chiffres bruts, on occulte l’essentiel : l’arbitrage n’a pas failli de manière anodine, il a pesé. Et c’est précisément cette différence de nature qui rend le débat incontournable, bien au-delà des tentatives de relativisation.
































