FIFA – Maroc : à l’approche de la Coupe du
monde 2030, coorganisée par le
Maroc,
l’Espagne
et le
Portugal, la
question du lieu de la finale s’impose comme le véritable nœud
politique et symbolique du dossier. Si l’Uruguay,
l’Argentine
et le
Paraguay
accueilleront quelques rencontres commémoratives, l’ultime match
concentre toutes les attentions. Officiellement, la
FIFA n’a
encore rien tranché. En coulisses, cependant, les lignes semblent
se dessiner. En Espagne, les certitudes s’affichent de plus en plus
clairement, portées par un discours assumé qui ne laisse que peu de
place au doute sur l’issue finale.
Le président de la
Fédération royale espagnole de
football,
Rafael
Louzán, a récemment donné le ton en
revendiquant sans détour l’accueil de la finale au
Santiago
Bernabéu. « La coopération entre les pays
est essentielle, et les plans d’infrastructures progressent bien.
Nous travaillons pour que l’Espagne organise la meilleure Coupe du
monde de l’histoire en 2030. Il serait incompréhensible que
l’Espagne n’accueille pas la finale, puisqu’elle assume 55 % du
poids de la candidature », a-t-il déclaré. Une sortie lourde de
sens, qui transforme un débat technique en véritable bras de fer
politique. Le Bernabéu, modernisé et porté à 83 186 places, incarne
un symbole mondial difficile à concurrencer, fort de son histoire
et de son exposition planétaire.
Face à cette assurance espagnole, le Maroc
avance ses propres arguments, misant sur l’ampleur de son projet et
sur une vision ambitieuse à long terme. Le Royaume a présenté un
plan reposant sur six stades, dont le futur stade
Hassan II,
actuellement en construction, annoncé à 115 000 places pour un coût
estimé à 480 millions d’euros. L’objectif est clair : impressionner
la FIFA par une infrastructure hors normes, à l’image du Lusail
Stadium lors du Mondial 2022. Mais la comparaison atteint vite ses
limites. Le Qatar était hôte unique, sans concurrence directe d’un
site aussi iconique que le Bernabéu. Selon
Javier
Tebas, réputé pour son franc-parler, « la
finale du Mondial 2030 se jouera au Bernabéu ». Une affirmation
qui, si elle se confirme, sonnerait comme un revers majeur pour
Fouzi
Lekjaâ, figure centrale du football
marocain, et illustrerait les limites d’une ambition confrontée à
la realpolitik du football mondial.
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