À l’approche d’une saison déterminante pour le football algérien, la Fédération algérienne de football (FAF) intensifie son action pour remettre de l’ordre dans la gestion des clubs et préparer l’avenir. Lors de sa réunion mensuelle du 28 février, le bureau exécutif a rappelé aux clubs l’importance de la maîtrise financière tout en dévoilant une stratégie ambitieuse de formation pour identifier les talents de demain, avec l’objectif de faire émerger un nouveau joueur du calibre de Riyad Mahrez directement formé en Algérie.
La saison 2025-2026 est particulière. Elle s’inscrit dans le sillage de la participation de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des nations 2025 et prépare l’équipe nationale à la Coupe du monde 2026, douze ans après sa dernière apparition. Dans ce contexte, la FAF entend imposer une discipline stricte et un cadre clair à l’ensemble des acteurs du football national.
La première priorité concerne la gestion financière. Ces dernières saisons, le championnat professionnel algérien a été marqué par une inflation des salaires et des transferts, notamment pour des joueurs étrangers, avec un impact significatif sur les budgets des clubs souvent financés par des entreprises publiques. La FAF appelle à une gouvernance rigoureuse et insiste sur le fait que « la gouvernance responsable n’est pas une option, mais une nécessité qui détermine directement l’avenir du football algérien ». Les dirigeants sont ainsi invités à garantir « une gestion transparente, conforme aux règlements et avec un contrôle strict des dépenses ».
Le message est clair : il est temps de mettre fin aux excès financiers et aux contrats disproportionnés. La Fédération demande « une surveillance stricte des dépenses, l’élimination des coûts superflus et le respect total des procédures administratives et financières ». L’objectif est double : assurer la viabilité économique des clubs et restaurer la confiance des partenaires institutionnels et privés.
Parallèlement, la FAF lance un vaste programme de formation et de détection de jeunes talents. Consciente que la majorité des internationaux évoluent en Europe, l’instance veut renforcer le travail de détection et de formation sur le territoire national pour réduire cette dépendance. Selon le communiqué, le plan repose sur « l’amélioration du contenu éducatif, l’intensification des programmes de formation pour les entraîneurs et la détection et le soutien des jeunes talents ».
Le développement du football scolaire et des compétitions de jeunes constitue un autre axe majeur. La Fédération souhaite établir un véritable pont entre les écoles et les structures fédérales afin d’identifier les talents dès le plus jeune âge, leur proposer un encadrement structuré et leur offrir un parcours jusqu’au haut niveau. L’ambition est de créer un vivier de joueurs capables d’intégrer directement les équipes professionnelles et la sélection nationale.
Derrière cette stratégie se cache un objectif symbolique : produire un joueur du calibre de Mahrez formé entièrement en Algérie. La FAF cherche à montrer qu’il est possible de conjuguer performance sportive et autonomie dans le développement des talents, sans dépendre exclusivement des académies européennes.
En combinant rigueur financière et investissement dans la jeunesse, la FAF tente de bâtir un modèle durable. D’un côté, elle met fin aux excès financiers qui fragilisent les clubs. De l’autre, elle s’engage à créer des structures capables de soutenir la relève et de garantir la compétitivité de l’Algérie sur la scène internationale.
Le chantier est ambitieux et demande de la discipline et de la patience, mais il est considéré comme essentiel. Avec l’approche de la Coupe du monde 2026 et le besoin de préparer une génération capable de performer au plus haut niveau, la Fédération algérienne de football se positionne clairement comme moteur de transformation pour un football plus responsable, plus structuré et plus autonome.






























