L’épisode ayant entouré le supporter de la République démocratique du Congo, devenu célèbre lors de la CAN 2025 pour son attitude figée dans les tribunes et sa ressemblance frappante avec Patrice Lumumba, a connu plusieurs rebondissements, révélant à la fois les dérives possibles des interprétations hâtives et l’importance du dialogue et de la responsabilité individuelle. La FAF aura réparé une erreur commise par l’attaquant Mohamed Amoura.
Ce supporter congolais, rapidement surnommé « Lumumba » sur les réseaux sociaux, avait attiré l’attention du public par son comportement singulier : debout, immobile, le regard fixe, adoptant une posture lourde de sens pour de nombreux Africains. Ce geste faisait directement référence à Patrice Lumumba, figure emblématique de l’histoire congolaise et africaine, symbole de résistance, de dignité et de lutte contre l’injustice coloniale.
Cependant, cette symbolique n’a pas été immédiatement comprise par tous. À l’issue du match Algérie – RD Congo, remporté par les Fennecs après prolongation, Mohamed Amoura, attaquant de l’équipe nationale algérienne, a chambré ce supporter dans un moment d’euphorie. Devant les caméras, le joueur a imité la posture figée du fan, avant de s’allonger au sol, un geste perçu par une partie du public comme une moquerie déplacée.
Très vite, la séquence a enflammé les réseaux sociaux. Certains y ont vu un manque de respect envers un symbole historique et un peuple frère, tandis que d’autres ont rappelé le contexte émotionnel d’un match à haute intensité. Ce qui est apparu clairement par la suite, c’est que Mohamed Amoura ne connaissait pas la portée historique et symbolique du geste du supporter congolais au moment de sa réaction.
Conscient de l’incompréhension et de la blessure que cela avait pu provoquer, Amoura a tenu à réagir rapidement. Dès le lendemain du match, l’attaquant algérien a publié une story sur son compte Instagram dans laquelle il a présenté ses excuses, expliquant qu’il n’avait en aucun cas voulu manquer de respect ni se moquer d’un symbole lié à l’histoire du Congo ou de l’Afrique. Il a souligné que son geste était spontané, dénué de toute intention politique ou historique, et qu’il regrettait sincèrement la polémique née de cet épisode.
Parallèlement, la Fédération algérienne de football (FAF) a choisi d’agir avec responsabilité et retenue. Initialement, une rencontre était envisagée entre le supporter congolais et les joueurs de la sélection algérienne à l’hôtel de l’équipe nationale. Cette rencontre n’ayant pas pu avoir lieu, la FAF a pris l’initiative d’envoyer son officier média, Saïd Fellak, à Casablanca afin de rencontrer directement le supporter.
Sur place, plusieurs gestes symboliques forts ont été posés. Le supporter a reçu un maillot dédicacé par Mohamed Amoura, marquant ainsi la volonté d’apaisement et de reconnaissance du joueur lui-même. Un second maillot, signé par l’ensemble des joueurs de la sélection algérienne, lui a également été remis, ainsi qu’une enveloppe symbolique en guise de soutien. Le supporter était touché par le geste de la FAF et a confirmé ne pas avoir mal pris le geste de Amoura, tout en souhaitant bonne chance à l’équipe d’Algérie, à la CAN 2025.
Ce choix de la FAF illustre une ligne claire : agir avec dignité, sans céder à la polémique ni à la pression populaire, tout en respectant les sensibilités culturelles et historiques. L’objectif était avant tout d’éteindre toute tentative de division entre deux peuples liés par une histoire africaine commune.
L’affaire aura au moins eu le mérite de rappeler une réalité essentielle : dans un continent marqué par une mémoire collective forte, certains gestes dépassent le cadre du football. Elle aura aussi montré qu’un malentendu, lorsqu’il est reconnu et corrigé avec humilité, peut se transformer en message de respect et de fraternité.
Dans un climat parfois tendu autour des compétitions internationales, cette séquence se conclut finalement par des excuses, des gestes symboliques et une volonté partagée de tourner la page, rappelant que le football reste avant tout un langage universel, capable de rassembler bien au-delà du terrain.


































