CAN – Sénégal – Maroc : la rumeur a circulé avec insistance dans les heures ayant suivi la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, au point d’installer un doute artificiel autour de l’issue sportive de la compétition. Certains ont évoqué la possibilité pour la Fédération marocaine d’invoquer l’article 82, chapitre 35, du règlement disciplinaire de la Confédération africaine de football afin de contester le résultat et d’obtenir un sacre administratif. Une hypothèse spectaculaire, mais qui ne résiste pas à une lecture rigoureuse du texte et des faits. En réalité, la réponse est claire : ce scénario est juridiquement infondé et ne peut en aucun cas conduire à une victoire « sur tapis vert ».
L’article 82, souvent cité de manière approximative, encadre des situations bien précises, notamment les refus caractérisés de jouer, les abandons définitifs de match ou les actes portant gravement atteinte à l’intégrité de la rencontre. Or, lors de la finale, malgré la forte tension et la sortie temporaire de certains joueurs pour protester contre des décisions arbitrales, le match n’a jamais été abandonné. Le jeu a repris, le penalty a été exécuté, les prolongations ont été disputées et la rencontre est allée à son terme dans le cadre réglementaire. À aucun moment l’arbitre n’a acté un refus définitif de jouer ni constaté une situation justifiant l’arrêt irréversible de la partie. Sur le plan juridique, ces éléments sont déterminants : sans interruption définitive ni rapport officiel attestant d’un manquement grave et durable, aucune procédure ne peut être engagée sur la base de cet article.
Dans ce contexte, la Fédération Royale Marocaine de Football n’a ni intérêt ni fondement réglementaire à initier une telle démarche. La finale a été validée sportivement, les rapports officiels ont entériné son déroulement jusqu’au coup de sifflet final, et le résultat acquis sur le terrain reste intangible. Cette polémique révèle surtout un climat de défiance généralisée autour de la CAN 2025, où chaque décision, chaque article du règlement et chaque séquence controversée deviennent matière à spéculation. Mais le droit du sport, contrairement au débat public, ne fonctionne ni à l’émotion ni à l’interprétation opportuniste. En l’état des textes et des faits, aucun recours ne peut aboutir. La finale restera ce qu’elle est : un match décidé sur le terrain, avec ses tensions, ses erreurs éventuelles et son verdict sportif définitif. Toute autre lecture relève davantage de la polémique que du droit.
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