La Confédération africaine de football (CAF) a dévoilé son équipe type de la phase de groupes de la CAN 2025, et l’annonce n’est pas passée inaperçue, notamment du côté algérien. Si la présence de Riyad Mahrez dans ce onze idéal apparaît logique et largement méritée, une absence fait fortement réagir : celle de Vladimir Petkovic, sélectionneur de l’Algérie, pourtant auteur d’un parcours parfait avec 9 points sur 9 et des prestations solides sur l’ensemble des trois rencontres.
La sélection algérienne a en effet réalisé une phase de groupes exemplaire. Trois victoires en trois matchs, une qualification assurée sans trembler, une différence de buts positive et surtout une impression de maîtrise collective rarement observée à ce stade de la compétition. Face au Soudan, au Burkina Faso et à la Guinée équatoriale, les Fennecs ont affiché une organisation claire, une discipline tactique constante et une capacité à gérer les temps forts comme les temps faibles. Autant d’éléments généralement associés au travail de l’entraîneur.
Pourtant, au moment de désigner le technicien de l’équipe type de la phase de groupes, la CAF a fait un autre choix. C’est Éric Chelle, sélectionneur du Nigeria, qui a été retenu pour occuper ce rôle honorifique. Un choix qui interroge, d’autant plus que le Nigeria n’a pas réalisé un parcours aussi limpide que celui de l’Algérie sur le plan comptable, même si ses performances ont parfois été spectaculaires.
Cette décision alimente un sentiment d’incompréhension chez de nombreux observateurs et supporters algériens. Comment expliquer que le seul sélectionneur à avoir réalisé un sans-faute en phase de groupes soit écarté au profit d’un autre ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que Petkovic a su faire tourner son effectif, intégrer plusieurs joueurs, gérer les temps de récupération et préserver ses cadres tout en maintenant un haut niveau de performance.
À l’inverse, la présence de Riyad Mahrez dans l’équipe type fait consensus. Le capitaine de la sélection algérienne a été l’un des hommes forts de ce premier tour, tant par son influence sur le jeu que par son leadership. Décisif, juste techniquement et précieux dans l’animation offensive, Mahrez a confirmé son statut de référence du football africain. Sa sélection dans ce onze symbolique apparaît comme une reconnaissance individuelle incontestable, même si elle ne suffit pas à masquer la frustration collective autour du sort réservé à Petkovic.
Ce « snobage » du sélectionneur algérien pose aussi la question des critères retenus par la CAF. S’agit-il uniquement de résultats, de spectacle, de narration médiatique ou d’un mélange subjectif de plusieurs facteurs ? Dans tous les cas, le choix opéré semble déconnecté de la réalité chiffrée et du rendement global de certaines équipes, au premier rang desquelles figure l’Algérie.
Au final, cette mise à l’écart pourrait paradoxalement servir de moteur supplémentaire à Vladimir Petkovic et à ses joueurs. L’histoire récente de la CAN a montré que les distinctions individuelles ou symboliques n’ont que peu de valeur face à l’objectif ultime : aller au bout de la compétition. Et à ce stade, la sélection algérienne reste pleinement dans la course, avec ou sans reconnaissance officielle de la CAF.


































