Algérie : le constat est tombé avec une franchise désarmante, loin des précautions oratoires habituelles. Au lendemain de l’élimination de l’Algérie, l’analyse de Maxime Chanot est venue apporter un regard extérieur, détaché de toute passion nationale mais d’autant plus percutant. Habitué aux joutes internationales et aux grands rendez-vous, le défenseur luxembourgeois s’est montré surpris par le visage affiché par les Verts dans ce quart de finale tant attendu. L’Algérie, pourtant annoncée comme l’un des sérieux candidats, n’a jamais réellement réussi à entrer dans sa rencontre, laissant une impression d’impuissance face à un adversaire supérieur dans l’impact et la maîtrise collective.
« J’ai été déçu de l’Algérie, il n’y a pas eu match. Je la voyais passer, car la pression est tellement sur le Maroc, qu’elle se plaçait indirectement comme outsider. Je pensais que ce rôle allait jouer en sa faveur. La puissance du Nigeria m’a impressionné », a déclaré Chanot, sans chercher à nuancer son propos. Son analyse repose sur un élément souvent décisif dans les grandes compétitions : la gestion du contexte. Pour lui, l’Algérie disposait d’un avantage psychologique non négligeable, celui d’évoluer dans l’ombre d’un pays hôte sous pression permanente. Ce statut d’outsider relatif devait, selon lui, libérer les joueurs algériens et leur permettre de jouer avec davantage de spontanéité. Or, cet avantage supposé ne s’est jamais matérialisé sur le terrain.
À l’inverse, la prestation du Nigeria national football team a marqué les esprits. Chanot insiste sur la dimension physique et athlétique affichée par les Super Eagles, capables d’imposer un rythme élevé sans jamais rompre leur organisation. Cette puissance, combinée à une discipline tactique rigoureuse, a progressivement étouffé l’Algérie, privée d’espaces et de solutions. L’analyse du Luxembourgeois rejoint ainsi celle de nombreux observateurs : la défaite algérienne ne tient pas uniquement à un détail ou à un fait de jeu, mais à un rapport de force clairement défavorable. Dans ce type de match, l’intensité, la capacité à répondre physiquement et la lucidité collective deviennent des critères déterminants.
Ce regard extérieur, dénué de tout affect, agit comme un miroir parfois brutal. Il met en lumière l’écart existant entre les attentes placées en l’Algérie et la réalité de sa prestation lors de ce rendez-vous crucial. Les propos de Chanot soulignent également une vérité difficile à accepter : dans le football de haut niveau, le contexte favorable ne suffit pas si le contenu ne suit pas. L’Algérie, attendue au tournant, a manqué ce rendez-vous, tandis que le Nigeria a rappelé, par sa puissance et sa maîtrise, pourquoi il reste l’une des références du continent. Cette lecture, froide mais lucide, s’impose désormais dans le débat post-CAN.


































