Le mois sacré du Ramadan continue de marquer le calendrier du football européen, et certains clubs multiplient les initiatives pour accompagner au mieux leurs joueurs concernés par le jeûne. Aux Pays-Bas, c’est le Feyenoord qui s’illustre cette saison avec une démarche saluée par de nombreux observateurs.
À la tête du club de Rotterdam, Robin van Persie a décidé d’adapter l’organisation des entraînements pour les joueurs qui observent le Ramadan. L’ancien attaquant d’Arsenal FC et de Manchester United, aujourd’hui entraîneur, a annoncé en conférence de presse que les horaires seraient aménagés afin de préserver la condition physique des éléments concernés.
Avant une rencontre face au SC Telstar, le technicien néerlandais a expliqué que les joueurs qui jeûnent peuvent arriver plus tard à l’entraînement. « Nous faisons le maximum pour les accompagner », a-t-il assuré, soulignant que s’abstenir de manger et de boire toute la journée représente un véritable défi pour des sportifs de haut niveau soumis à des charges physiques importantes.
Ce geste fort concerne notamment l’ailier algérien Anis Hadj Moussa, qui observe le jeûne tout en poursuivant la compétition. En ajustant son organisation interne, Feyenoord envoie un signal clair : il est possible de concilier exigences de performance et respect des convictions religieuses. Une approche pragmatique qui s’inscrit dans une tendance plus large à travers l’Europe.
En Angleterre, par exemple, la prise en compte du Ramadan dépasse désormais le cadre des clubs. En Premier League, des pauses temporaires sont régulièrement observées lors des matchs en soirée afin de permettre aux joueurs musulmans de rompre leur jeûne au moment du coucher du soleil. Cette pratique, devenue presque habituelle ces dernières saisons, est saluée pour son caractère inclusif et son adaptation aux réalités du vestiaire moderne.
L’Espagne suit la même dynamique. Au FC Barcelone, l’entraîneur Hansi Flick a récemment confirmé qu’un plan précis était mis en place pour encadrer les joueurs concernés. Il a notamment évoqué la situation de Lamine Yamal, expliquant qu’un suivi individualisé était prévu afin d’optimiser la récupération et la gestion de l’effort.
Du Royaume-Uni aux Pays-Bas, en passant par l’Espagne, le football européen semble ainsi évoluer vers une meilleure prise en compte des réalités culturelles et religieuses. Les staffs médicaux et techniques travaillent de plus en plus en collaboration pour ajuster les séances, moduler l’intensité des entraînements et adapter les programmes nutritionnels.
Pour les clubs, l’enjeu est double : préserver la santé des joueurs tout en maintenant un haut niveau de compétitivité. Les calendriers restent chargés, les objectifs sportifs élevés, mais la gestion humaine devient un élément central de la performance. Loin des polémiques qui ont pu émerger par le passé, certaines équipes optent désormais pour le dialogue et l’anticipation.
Le geste de Robin van Persie s’inscrit donc dans cette évolution progressive des mentalités. En reconnaissant publiquement les contraintes liées au jeûne et en adaptant l’organisation collective, il contribue à normaliser une pratique qui concerne chaque saison un nombre important de joueurs à travers le continent.
Cette transformation du paysage footballistique montre qu’il n’y a plus nécessairement d’opposition entre respect des convictions personnelles et exigences du haut niveau. Au contraire, la prise en compte des besoins individuels apparaît aujourd’hui comme un levier supplémentaire pour optimiser la performance globale d’un groupe.

































