La Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 connaît un bouleversement majeur à seulement deux mois de son lancement. Initialement désigné pour accueillir la compétition, le Maroc a officiellement renoncé à son rôle de pays hôte, obligeant la Confédération africaine de football à réagir dans l’urgence. C’est finalement l’Afrique du Sud qui a accepté de reprendre le flambeau, évitant ainsi un report ou une annulation lourde de conséquences pour le football féminin africain.
Ce retrait tardif constitue un véritable coup de tonnerre. À 60 jours du coup d’envoi, les préparatifs étaient censés être entrés dans leur phase finale. L’annonce a donc surpris aussi bien les fédérations participantes que les observateurs du football continental. Si les raisons exactes du désistement marocain n’ont pas été officiellement détaillées, le contexte laisse place à de nombreuses interrogations.
La vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, a rapidement confirmé la capacité de son pays à organiser l’événement. Forte de son expérience dans l’organisation de grandes compétitions internationales, notamment la Coupe du monde masculine de 2010, l’Afrique du Sud estime disposer des infrastructures, de l’expertise logistique et des garanties nécessaires pour assurer le bon déroulement de la CAN féminine.
Mais ce changement de dernière minute intervient dans un climat déjà tendu. Quelques jours auparavant, la CAF avait prononcé des sanctions à la suite du match Maroc–Sénégal, ravivant certaines tensions institutionnelles. Pour plusieurs analystes, le retrait marocain pourrait être le symptôme d’un malaise plus profond, possiblement lié aux relations internes au sein de la CAF ou à des désaccords politiques et sportifs.
Sur le plan réglementaire, la situation du Maroc est délicate. Le règlement de la CAF est très clair : tout retrait à moins de six mois du tournoi final expose la fédération concernée à des sanctions sévères. Celles-ci incluent une amende pouvant atteindre 250 000 dollars, la prise en charge des dommages financiers et moraux subis par la CAF, ainsi qu’une suspension des deux prochaines éditions de la CAN féminine.
Si ces sanctions venaient à être appliquées, les conséquences sportives seraient lourdes. La sélection marocaine féminine pourrait être exclue de la CAN 2026, une compétition qualificative pour la Coupe du monde féminine 2027. Une absence qui bouleverserait totalement l’équilibre du groupe A, où le Maroc devait notamment affronter l’Algérie et le Sénégal, et redistribuerait les cartes dans la course à la qualification mondiale.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le Maroc se retrouve dans une telle situation. En 2015, le royaume avait déjà renoncé à l’organisation de la CAN masculine, invoquant à l’époque des raisons sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola. Un précédent qui refait aujourd’hui surface dans les débats.
Pour l’Afrique du Sud, en revanche, cette désignation représente une opportunité majeure. Organiser la CAN féminine à domicile permettrait de mettre en valeur le développement du football féminin sud-africain et de renforcer la visibilité de la discipline sur le continent. Championnes d’Afrique en titre, les Banyana Banyana auront également l’occasion d’évoluer devant leur public, dans un contexte favorable.
À quelques semaines du coup d’envoi, l’urgence est désormais à la stabilité et à la clarté. La CAF devra trancher rapidement sur les sanctions éventuelles, tandis que l’Afrique du Sud devra accélérer les préparatifs. Une chose est sûre : cette CAN féminine 2026, avant même d’avoir commencé, est déjà entrée dans l’histoire comme l’une des plus mouvementées.































