La « Madjer » à 30 ans !
Il y a 30 ans ce dimanche 27 mai, toute la planète football avait
les yeux rivés sur le Stade du Prater de Vienne, où le Bayern
Munich et le FC Porto s’étaient donné rendez-vous pour le titre de
champion d’Europe.
Le début du match allait confirmer tous les pronostics puisque le
Bayern, dominateur, ouvrait rapidement la marque. Apparemment
anodine, une longue touche allemande trouvait Ludwig Kogl, qui
battait Jozef Młynarczyk d’une tête plongeante acrobatique.
Impérial devant Dieter Hoeness et Michael Rummenigge, le portier
polonais permettait toutefois à Porto de regagner les vestiaires
avec un seul but de retard. Pourtant, les statistiques ne
promettaient rien de bon aux Portugais à l’entame de la seconde
période. En dix années, une seule finale continentale avait
enregistré plus d’un but, un 1-1 entre Liverpool et l’AS Rome, en
1984, avant que les Anglais ne l’emportent aux tirs au but. En
outre, les 45 premières minutes avaient clairement donné
l’avantage au Bayern.
Une talonnade pour l’histoire
Ignorant les statistiques, Artur Jorge allait oser un double
changement à la mi-temps, le milieu Antonio Frasco et l’attaquant
Juary prenant la place de l’arrière gauche Augusto Inacio et de
l’infatigable Quim. Le pari, peu payant dans les premières minutes,
allait pourtant se révéler décisif. À 12 minutes du terme, après un
une-deux avec Frasco, Juary éliminait Pfaff et adressait une passe
dans le dos de Rabah Madjer. Peu de joueurs auraient eu la géniale
idée d’oser la talonnade. L’Algérien, alliant la technique à
l’inspiration, allait pourtant réussir l’un des plus célèbres buts
de l’histoire de la compétition.
«C’était un geste d’instinct. J’ai juste tenté ma chance», devait avouer par la suite le magicien algérien à FIFA.com. «Je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Peu après la finale, j’ai tenté le geste de nouveau en championnat et j’ai marqué. C’est devenu ma marque de fabrique.»
Quelques minutes plus tard, le même Madjer laissait Helmut
Winklhofer sur place et délivrait un centre millimétré pour Juary
au second poteau. Le Brésilien inscrivait le but du 2-1 et offrait
à Porto le sacre européen.
«C’est le meilleur souvenir de ma carrière», avait commenté Madjer. «La veille de Ia finale, je me demandais comment les choses allaient se passer pour moi. Jozef Mlynarczyk, mon camarade de chambre, n’en menait pas large. Je lui ai dit que nous allions l’emporter 2-1. Par chance, Dieu m’a entendu.»
Le but inoubliable de Rabah Madjer face au Bayern :
