À la veille d’un rendez-vous très attendu, la sortie médiatique de Éric Chelle n’est pas passée inaperçue. Le technicien, interrogé sur le rapport de forces en Afrique du Nord, a livré une analyse mesurée mais lourde de sens, rendant un hommage appuyé à l’Algérie tout en la comparant, sans les confondre, au Maroc. « L’Algérie est une grosse nation avec de bonnes qualités, tout comme le Maroc », a-t-il déclaré, posant d’emblée un cadre clair. Dans un contexte continental souvent chargé de rivalités émotionnelles, Chelle a choisi la lucidité et le respect, rappelant que certaines sélections s’inscrivent durablement dans l’élite africaine par leur histoire, leur profondeur de talents et leur exigence compétitive.
Mais le discours du sélectionneur ne s’est pas arrêté à une reconnaissance de façade. Chelle a tenu à souligner les différences structurelles et identitaires entre les deux équipes. « Mais ce sont deux équipes différentes. Walid Regragui n’est pas Vladimir Petkovic », a-t-il précisé, en référence directe aux deux sélectionneurs. Une phrase courte, mais révélatrice, qui met en lumière la diversité des approches tactiques et managériales. Là où Walid Regragui s’appuie sur une continuité et un vécu collectif fort, Vladimir Petkovic incarne une méthode différente, fondée sur la rigueur, l’équilibre et une reconstruction progressive. Pour Chelle, comparer l’Algérie et le Maroc n’a de sens que si l’on accepte leurs différences, sans chercher à les hiérarchiser artificiellement.
Cette prise de parole, loin d’alimenter une polémique, recentre le débat sur l’essentiel : le terrain. « Maintenant, je dois travailler pour qu’on gagne ce match demain », a conclu Chelle, rappelant que le respect n’exclut ni l’ambition ni la compétitivité. En filigrane, son discours traduit aussi la considération accordée à l’Algérie, perçue comme un adversaire de référence, jamais facile à manœuvrer. Dans un football africain en pleine évolution, où les dynamiques changent rapidement, ce type de reconnaissance venue de l’extérieur a une valeur particulière. Elle confirme que, malgré les cycles et les résultats récents, l’Algérie reste identifiée comme une nation majeure, dont le poids dépasse largement une simple affiche ou un résultat ponctuel.


































