La famille d’Adel Boulbina, l’un des nouveaux visages du football algérien, vit toujours au rythme de l’exploit retentissant réalisé par son fils lors du match face à la République démocratique du Congo, but décisif qui a propulsé l’Algérie en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc. Un moment suspendu dans le temps, chargé d’émotion, aussi bien sur le terrain qu’au sein du foyer familial, dans la commune de El Djemaa Beni Habibi, wilaya de Jijel.
Entré en jeu en toute fin de rencontre, alors que le match semblait se diriger inexorablement vers la séance des tirs au but, Boulbina a inscrit un but somptueux à la 119e minute, quelques instants seulement après son entrée. Une réalisation aussi décisive que symbolique, qui a immédiatement fait basculer le destin de la rencontre et inscrit son nom dans les mémoires des supporters algériens.
Mais loin du stade, la famille du jeune attaquant a vécu ces instants avec une intensité particulière. Son père, Farid Boulbina, ancien joueur de la JS Djijel, a choisi de regarder la rencontre dans le salon familial aux côtés de son plus jeune fils, Youssef, tandis que la mère d’Adel, submergée par l’émotion, s’est isolée dans une autre pièce, incapable de supporter la tension du moment. Une attitude révélatrice de l’attachement profond et de l’angoisse qui accompagnaient chaque minute de ce match crucial, d’autant plus qu’Adel n’avait disputé que quelques minutes lors de la première rencontre face au Soudan.
Dans une déclaration accordée à l’Agence allemande de presse (DPA), le père d’Adel est revenu sur les échanges qu’il a eus avec son fils avant la rencontre. « Je lui ai parlé la veille du match et je lui ai dit de ne penser à rien. Le simple fait d’être devenu joueur de l’équipe nationale première est déjà un immense accomplissement. Je lui ai dit qu’il devait simplement saisir sa chance quand elle se présenterait, car elle viendrait forcément. Même si le sélectionneur ne lui accordait qu’une ou deux minutes, il devait tout donner, quitte à manger la pelouse », a-t-il confié avec émotion.
Farid Boulbina a également révélé une anecdote touchante liée à la billetterie du match. Il avait demandé à son fils d’aider l’un de ses proches à obtenir une place au stade. Adel lui avait répondu qu’il avait déjà distribué les cinq billets mis à sa disposition. Pourtant, le matin même de la rencontre, il l’a rappelé pour lui annoncer qu’il avait réussi à obtenir un billet supplémentaire, remis à la personne concernée à peine deux heures avant le coup d’envoi.
Durant le match, le père et le frère d’Adel ont suivi chaque action dans le salon familial. Youssef, le plus jeune, semblait animé d’une étrange certitude. Il répétait que son frère allait entrer en jeu et marquer à la 119e minute. À l’approche de la fin, Farid Boulbina avoue avoir ressenti une certaine inquiétude. « Je me disais que notre équipe avait besoin de joueurs rapides pour faire la différence, sans penser spécifiquement à Adel. J’avais surtout peur d’aller aux tirs au but, surtout après la sortie de joueurs expérimentés comme Mahrez, Bennacer ou Chaïbi. Honnêtement, je ne voulais pas qu’Adel ait à tirer un penalty et qu’il le rate, puis qu’il subisse ensuite toutes les critiques », a-t-il expliqué.
Lorsque son fils Youssef a commencé à filmer la rencontre à partir de la 115e minute, convaincu que quelque chose allait se produire, le destin a semblé donner raison à cette intuition. « Quand la balle est arrivée à Zerrouki, j’ai dit : “Adel est parti”. J’ai suivi le ballon jusqu’au bout et tout s’est enchaîné. Dieu a voulu que notre lecture soit la bonne. Ce n’était que Sa volonté », a ajouté le père, encore ému par ces instants.
Après le coup de sifflet final, Adel Boulbina a été submergé par les appels. Plus de 600 coups de téléphone en provenance d’amis, de proches et de personnalités du monde du sport ont afflué en quelques minutes, au point de bloquer son téléphone. Incapable de répondre à tous, le jeune international a tenu à appeler en priorité sa mère, qui l’a félicité, encouragé et couvert de prières. Il a ensuite échangé avec les membres de la famille présents à la maison, à l’exception de son père, qui a volontairement préféré reporter la conversation.
« Je voulais lui parler plus tard, quand il aura besoin de conseils ou de soutien », a conclu Farid Boulbina, laissant transparaître une sagesse paternelle et une volonté de protéger son fils dans ce moment de gloire soudaine.
Ce but, au-delà de sa valeur sportive, symbolise le début d’une nouvelle histoire pour Adel Boulbina. Une histoire faite de patience, de foi, de travail et de soutien familial, et qui pourrait bien marquer l’éclosion d’un nouveau héros du football algérien sur la scène africaine.


































