À quelques jours d’un quart de finale très attendu face à l’Algérie, la sélection du Nigeria traverse une zone de fortes turbulences loin des terrains. Alors que les Super Eagles se sont montrés impressionnants sur le plan sportif depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, l’ambiance au sein du groupe serait aujourd’hui plombée par une situation extra-sportive devenue préoccupante. Des tensions sérieuses opposeraient les joueurs à leur fédération, au point que l’hypothèse d’un mouvement de grève ne serait plus à exclure.
Sur le rectangle vert, le Nigeria avance pourtant avec autorité. La large victoire face au Mozambique en huitièmes de finale (4-0) a confirmé le statut de favori des hommes d’Eric Chelle, portés par une attaque tranchante, une puissance physique impressionnante et une organisation collective bien huilée. Cette démonstration de force a naturellement renforcé l’attente autour du choc continental face à l’Algérie, programmé samedi à Marrakech. Mais en coulisses, le climat est loin d’être aussi serein.
Selon plusieurs sources médiatiques nigérianes concordantes, les joueurs et les membres du staff technique n’auraient toujours pas perçu leurs primes de victoire liées aux quatre rencontres disputées depuis le début du tournoi au Maroc. Une situation qui aurait provoqué une profonde exaspération au sein du groupe. Lassés des promesses non tenues, les joueurs auraient décidé de hausser le ton et envisageraient sérieusement une grève si leur situation financière n’est pas rapidement régularisée.
Toujours selon ces informations, les Super Eagles devaient initialement rejoindre Marrakech ce jeudi pour préparer leur quart de finale. Or, en signe de protestation, ils envisageraient de rester à Fès tant que la question des primes ne sera pas réglée. Certains joueurs auraient même refusé de participer aux séances d’entraînement, un signal fort envoyé à la Fédération nigériane de football (NFF), déjà habituée à ce type de conflits avec ses internationaux.
Cette crise n’est malheureusement pas une première pour le football nigérian. La NFF traîne depuis des années une réputation d’instance régulièrement en retard dans le paiement des primes et des salaires. Le sélectionneur Eric Chelle lui-même aurait connu des arriérés avant même le début de la CAN 2025. Plus inquiétant encore, il s’agit de la deuxième menace de grève en l’espace de trois mois. Lors de la dernière trêve internationale de novembre 2025, les joueurs avaient déjà boycotté les entraînements avant les barrages de la Coupe du monde 2026 face au Gabon, une situation qui avait finalement été réglée en urgence en moins de 24 heures.
Comme si ce contexte déjà tendu ne suffisait pas, la sélection nigériane a également été touchée par un coup dur sur le plan humain. L’attaquant Adams a quitté le regroupement de l’équipe nationale après avoir appris que sa mère avait été victime d’un sérieux problème de santé. Le joueur a été autorisé à rejoindre sa famille, une absence qui pourrait peser sportivement et émotionnellement sur le groupe à l’approche d’un match aussi crucial.
Cette accumulation de problèmes intervient au pire moment possible pour le Nigeria. Face à une équipe algérienne en pleine confiance, portée par une qualification arrachée avec caractère contre la RD Congo et un état d’esprit conquérant, la moindre perturbation peut coûter cher. La préparation mentale et la concentration seront des éléments clés dans ce quart de finale, et tout déséquilibre interne risque de se ressentir sur le terrain.
Du côté algérien, cette situation est observée avec attention mais sans triomphalisme. Les Verts savent que le Nigeria reste un adversaire redoutable, capable de se transcender malgré les difficultés. Néanmoins, ces tensions pourraient influencer la physionomie du match si elles ne sont pas rapidement désamorcées.
Désormais, la balle est clairement dans le camp de la Fédération nigériane. Une réaction rapide et concrète est attendue afin d’éviter une crise ouverte qui ternirait l’image de la sélection et de la compétition. À quelques heures d’un choc continental majeur, le Nigeria joue autant sa crédibilité institutionnelle que sa qualification sportive.


































