Dans une affaire très suivie par les médias sportifs français, Daniel Riolo a remporté ce jeudi son procès intenté par Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, pour diffamation. L’affaire faisait suite aux déclarations de Riolo concernant le forfait de Karim Benzema lors de la Coupe du Monde 2022, déclarations que Deschamps avait jugées diffamatoires et qui l’avaient conduit à saisir la justice.
Le procès, qui s’est tenu devant le tribunal compétent, a permis aux deux parties de présenter leurs versions des faits. Didier Deschamps, contestataire des propos tenus par l’éditorialiste de RMC, avait notamment réagi à certaines critiques publiques le qualifiant de « menteur » dans le cadre de l’analyse de sa gestion du forfait de Benzema. De son côté, Riolo a défendu son intervention comme relevant de son rôle de journaliste et d’éditorialiste, dans le cadre de l’exercice de sa liberté d’expression et de critique sportive.
Le verdict rendu aujourd’hui a donné raison à Daniel Riolo, qui a été relaxé de toutes les accusations de diffamation portées par Deschamps. Cette décision confirme que les propos de Riolo, bien que critiques et directs, sont couverts par la liberté d’expression journalistique, et ne constituent pas une atteinte illégitime à l’honneur ou à la réputation du sélectionneur national.
La décision a rapidement été commentée par Riolo lui-même, qui a célébré la relaxe avec un post symbolique sur son compte X, publiant deux émojis soleil pour marquer sa satisfaction. Une manière sobre mais claire de réagir à cette victoire judiciaire qui lui permet de clore ce litige et de se recentrer sur ses activités médiatiques.
Cette affaire met en lumière les tensions parfois vives entre le monde journalistique et les acteurs du football professionnel, en particulier lorsqu’il s’agit de décisions techniques ou sportives ayant des répercussions médiatiques majeures. Le forfait de Benzema lors du Mondial 2022 avait suscité un débat intense dans les médias et sur les réseaux sociaux, amplifiant la portée des propos critiques de Riolo et, par conséquent, la réaction judiciaire de Deschamps.
Pour Didier Deschamps, cette décision constitue un revers sur le plan judiciaire et médiatique. Elle souligne également les limites de l’action en diffamation lorsqu’il s’agit de critiques publiques d’une activité professionnelle exposée aux débats et analyses médiatiques. Le sélectionneur, qui a toujours joui d’une grande popularité et d’un statut solide au sein du football français, voit ici une contestation médiatique tranchée par le juge en faveur de l’éditorialiste.
Au-delà du duel entre deux personnalités emblématiques du football français, cette décision réaffirme la protection dont bénéficient les journalistes et éditorialistes dans l’expression de leur opinion critique, même sur des figures de premier plan comme le sélectionneur national. Elle pourrait aussi servir de précédent pour d’autres cas où la frontière entre critique légitime et diffamation est questionnée dans le sport.






























