À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, chaque détail concernant l’équipe nationale algérienne devient un sujet d’observation, de commentaire et parfois de moquerie. Le dernier en date n’a rien à voir avec la tactique, la liste des sélectionnés ou la forme des joueurs, mais avec… leurs bagages. Une scène banale, filmée lors du rassemblement à Alger, a suffi à déclencher une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux.
Alors que plusieurs jeunes joueurs de l’équipe nationale algérienne, dont Maza, sont arrivés avec de grosses valises, laissant supposer une préparation longue et méticuleuse, Youcef Atal a fait sensation en se présentant avec un simple sac à dos. Une image qui n’a pas tardé à devenir virale, alimentant l’imagination fertile des internautes algériens.
« Atal sait qu’on ne tardera pas à la CAN et qu’on sera éliminés rapidement », ont lancé certains, dans un mélange d’humour noir et de fatalisme. Derrière cette ironie se cache une forme d’autodérision typique du public algérien, mais aussi une inquiétude réelle quant au parcours des Fennecs dans la compétition à venir.
Ce contraste entre les bagages des anciens et ceux des jeunes a été perçu comme symbolique. Les jeunes, pleins d’ambition, semblent prêts à s’installer, à vivre pleinement l’aventure africaine, à prendre de la place. Les cadres, eux, apparaissent plus détachés, presque pragmatiques, comme s’ils savaient que dans une CAN, rien n’est jamais garanti.
Youcef Atal, figure bien connue de l’équipe nationale algérienne, cristallise souvent les débats. Talentueux mais parfois critiqué pour son irrégularité ou ses pépins physiques, il est devenu malgré lui le symbole de cette séquence. Pourtant, réduire son engagement à la taille de son sac relève évidemment de la caricature.
Mais cette caricature en dit long sur l’état d’esprit général. Les supporters algériens abordent cette CAN 2025 avec des sentiments mêlés. L’espoir est toujours là, car le football algérien a prouvé qu’il pouvait renaître à tout moment. Mais il est accompagné d’une prudence presque cynique, forgée par les déceptions récentes.
Les réseaux sociaux jouent ici un rôle central. Ils transforment une image anodine en message symbolique, un geste quotidien en déclaration d’intention. L’humour devient un moyen de gérer la pression, de désamorcer la peur d’un échec, de se protéger émotionnellement.
Pour les jeunes joueurs, cette exposition médiatique est aussi un apprentissage. Ils découvrent que porter le maillot national ne signifie pas seulement jouer au football, mais aussi incarner des attentes, subir des interprétations et devenir des personnages publics analysés dans les moindres détails.
Au fond, cette histoire de sac à dos et de valises raconte moins une réalité sportive qu’un rapport passionnel entre un peuple et son équipe nationale. Une relation faite d’amour, d’exigence, d’humour et parfois de désillusion.
Lorsque la CAN débutera, les bagages seront oubliés. Les seuls éléments qui compteront seront l’engagement des joueurs de l’équipe nationale algérienne, la cohésion et les résultats. Mais cet épisode restera comme une illustration parfaite de la manière dont les Fennecs vivent leur CAN avant même le premier coup de sifflet : entre espoir sincère et ironie protectrice.
































