CAN – Maroc : l’horizon de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2028 commence à se préciser, et une nouvelle option s’invite désormais dans les discussions continentales. Le Botswana a officiellement confirmé son intérêt pour l’organisation du tournoi, dans le cadre d’une candidature conjointe avec l’Afrique du Sud. Une annonce loin d’être anodine, alors que la Confédération africaine de football (CAF) se réunit actuellement à Rabat à l’occasion d’un comité exécutif décisif, consacré notamment à la planification des futures compétitions. Dans un contexte marqué par l’incertitude, ce dossier vient redistribuer les cartes et offrir à la CAF une alternative crédible à d’autres scénarios évoqués en coulisses.
Cette candidature commune repose sur une logique de complémentarité. L’Afrique du Sud, forte de son expérience dans l’organisation de grands événements internationaux, dispose d’infrastructures éprouvées, d’un réseau de transport développé et d’un savoir-faire reconnu. Le Botswana, de son côté, ambitionne de franchir un cap historique en s’associant à un voisin disposant d’une base organisationnelle solide. Pour Gaborone, il s’agirait autant d’un projet sportif que d’un levier de développement, visant à accélérer la modernisation des infrastructures, à renforcer la visibilité internationale du pays et à s’inscrire durablement dans la dynamique du football africain. Cette approche partagée répond également aux nouvelles exigences de la CAF, de plus en plus ouverte aux candidatures conjointes afin de répartir les charges financières et logistiques d’un tournoi devenu particulièrement exigeant.
L’intérêt de ce binôme intervient à un moment stratégique. La réforme du calendrier continental, actant le passage de la CAN à une périodicité de quatre ans, a considérablement réduit les marges de manœuvre des pays candidats pour 2028. Plusieurs nations ont hésité à se positionner, freinées par des délais jugés trop courts ou par des contraintes budgétaires lourdes. Dans ce paysage incertain, la proposition Botswana–Afrique du Sud apparaît comme une solution pragmatique, capable de répondre rapidement aux standards imposés par la CAF. Les discussions engagées à Rabat devraient permettre d’évaluer la solidité du projet, tant sur le plan technique que financier, avant l’ouverture officielle du processus de sélection. Pour la CAF, l’enjeu est clair : garantir une CAN 2028 stable, crédible et fédératrice, après une période marquée par des débats institutionnels et organisationnels. Pour le Botswana, c’est l’opportunité d’entrer dans une nouvelle dimension. Pour l’Afrique du Sud, celle de réaffirmer son statut de pilier du football continental. Ensemble, les deux pays espèrent convaincre qu’une CAN partagée peut être non seulement viable, mais aussi porteuse d’un nouveau souffle pour le football africain.
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