CAN – Tunisie : La décision n’a surpris personne, tant elle semblait inéluctable depuis le coup de sifflet final du huitième de finale de la CAN perdu face au Mali. Au lendemain de l’élimination de la Tunisie à la CAN 2025, la Fédération tunisienne de football a officiellement mis fin à sa collaboration avec Sami Trabelsi, nommé à la tête des Aigles de Carthage quelques mois plus tôt. Arrivé avec l’ambition de stabiliser une sélection en perte de repères, le technicien tunisien n’aura finalement dirigé que dix-huit rencontres, dont une campagne continentale qui a précipité sa chute. La défaite face au Mali, aux tirs au but, a agi comme un verdict sans appel, cristallisant une défiance déjà profonde autour du projet sportif proposé.
Le communiqué fédéral, volontairement sobre, évoque une séparation « à l’amiable » avec l’ensemble du staff technique. Une formule diplomatique qui peine à masquer la réalité d’un échec sportif et d’un divorce devenu inévitable sous la pression populaire. Tout au long de la compétition, la Tunisie a donné l’image d’une équipe hésitante, incapable d’imposer une identité claire, même dans des contextes favorables. L’élimination contre un adversaire réduit en infériorité numérique pendant une large partie du match a fini de fragiliser la position de Trabelsi, dont les choix tactiques et la gestion des temps forts ont été vivement contestés. Plus que le résultat brut, c’est l’incapacité à maîtriser les moments clés qui a convaincu les décideurs qu’un simple ajustement ne suffirait plus.
Ce nouveau changement de cap ouvre toutefois une période d’incertitude pour la sélection tunisienne. En écartant tout le staff, la fédération acte la fin d’un cycle, mais sans encore offrir de visibilité sur l’avenir. Plusieurs profils seraient déjà à l’étude, avec une tendance marquée en faveur d’un entraîneur étranger, perçu comme un possible levier de rupture. Reste que le départ de Sami Trabelsi, aussi attendu soit-il, ne saurait résumer à lui seul les difficultés du football tunisien. Les maux observés à la CAN 2025 dépassent la question du banc : animation offensive limitée, transitions mal maîtrisées, fragilité mentale dans les moments décisifs. Autant de symptômes d’un malaise plus profond, structurel, que seule une réforme cohérente et durable pourra corriger. Pour les supporters, ce limogeage représente un nouveau départ espéré, à condition que cette fois, la reconstruction ne se limite pas à un simple changement de nom, mais s’inscrive dans une vision claire et assumée pour l’avenir des Aigles de Carthage.
































